Étiquettes

, , , ,

Seulement la moitié des membres du conseil national du PS étaient présents, le 16 mars, pour désigner l’essayiste Raphaël Glucksmann comme tête de liste aux prochaines européennes.

Une très grande majorité (128 pour, 5 contre) des membres présents ont approuvé ce rapprochement.

Or, parmi les opposants, le sénateur Rachid Temal a fait remarquer que son camarade Olivier Faure s’était fait élire premier secrétaire en promettant la « re­naissance du parti. Or son premier acte consiste à retirer le PS. C’est incompré­hensible. En plus, en agissant de la sorte, on donne raison à Macron, qui fait tout pour enterrer les partis ».

Désapprouvant également ce choix, Stéphane Le Foll, qui n’était pas présent, a fait connaître par SMS sa position à ses partisans et tout le bien qu’il pense d’Oli­vier Faure : Depuis la vente de Solferino, tout tourne autour de l’affaiblissement de ce que nous sommes par quelqu’un de faible politiquement mais à l’ego et à la déter­mination qui sont le pire pour notre col­lectif (…). Plus rien ne peut se faire avec une telle direction et dans des instances où tout est pipé. »

Tout de suite les grands mots !

Dissolution socialiste

Si le rapprochement avec « Place pu­blique » a finalement été approuvé sans grande difficulté au PS, la réciproque n’est pas vraie. Son leader, Raphaël Glucksmann, a dû batailler longtemps contre une opposition interne. Un cadre lui a reproché, par exemple, de « vouloir faire de la politique à l’ancienne avec un vieux parti. Alors que notre ambition est de renouveler la politique ».

Mais l’intello médiatique a convaincu les plus réticents en leur assurant qu’« Olivier Faure [était] prêt à dissoudre (sic) le PS dans une union de la gauche ». Les camarades du premier secrétaire socialiste seront ravis de l’apprendre…

Glucksmann a également révélé qu’une des porte-parole de Génération.s (l’officine de Hauron), l’économiste Aurore Lalucq, serait deuxième de liste. Longtemps pres­sentie, l’écologiste Claire Nouvian va fi­nalement s’occuper de la structuration du mouvement.

Seul l’économiste Thomas Porcher a fait part de son mécontentement et a annoncé au « JDD » (17/3) qu’il quittait la boutique. Mais en omettant de dire qu’il avait demandé auparavant une place de numéro 3 sur la liste. Ce qui lui a été refusé, la place étant réservée à un socialiste.

Vanité des vanités, tout est vanité…


Article paru dans le Canard enchaîné. 20/03/2019. Titre original : Tout n’est pas rose pour Glucksmann »