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Il faut bien le dire, malgré les quelques 27 chaînes accessibles avec un décodeur vendu par la société « Orange », il n’est pas facile de trouver parmi les chaînes gratuites (où abondent de nombreuses émissions débiles), un programme ou un film sans coupure de publicité, pour passer une soirée intéressante devant le petit écran.

Dans ce cas-là je me réfugie dans les films ou documentaires, proposés par le service OCS. Un titre attira mon attention, il évoquait dans une case lointaine de ma mémoire, un rappel de commentaires élogieux : «Dogville» (2003) du réalisateur Danois : Lars Von Trier.

Affiche du film

À la présentation du film, voir autant de comédiens connus, peut laisser à penser que nous allons droit vers un « navet » … où que nous sommes en présence d’un film intéressant. Jugez vous-même de la distribution : Nicole Kidman, Paul Bettany, Harriet Andersson, Lauren Bacall, Jean-Marc Barr, James Caan, Ben Gazzara, Philip Baker Hall, John Hurt.

Je me dois de vous dire que si j’avais lu le synopsis de ce « Dogville », jamais je n’aurais lancé le film … et pour ma part, je serais passé à côté d’une étude (je ne sais s’il faut écrire) sur une société ou la société avec toute son âpreté, ces cupidités, ses égoïsmes, ses bassesses, ses humiliations et mesquineries diverses.

L’histoire se passe aux Etats-Unis pendant les années trente, dans une petite ville des Rocheuses prénommée Dogville. Un soir, des coups de feu se font entendre. Tom, un jeune écrivain et pseudo-philosophe habitant dans la bourgade, croise la route de Grace, une mystérieuse femme, terrifiée et traquée par des gangsters qui en veulent à sa vie. Tom décide alors de la recueillir, et arrive à convaincre la petite communauté de la ville de la cacher, en échange de son labeur. Lorsqu’un avis de recherche est lancé contre la jeune femme, les habitants de Dogville s’estiment alors en droit de réclamer une compensation, compte tenu du risque qu’ils courent à la protéger. Petit à petit, le simple service se transforme en asservissement, la charité en cupidité, la confiance en hypocrisie. Mais Grace garde en elle un lourd secret, qui leur fera regretter leur geste…

Toutefois, lire le synopsis est une chose mais vous serez certainement surpris dès le début du film et cette forme de découpage auquel nous n’avons pas l’habitude.

Le film est découpé en un prologue et neuf chapitres, mais le plus surprenant est que l’ensemble du film se passe sur un unique plateau où est implantés quelque parcimonieux décors, l’ensemble du village uniquement dessiné, schématisé sur le sol à l’aide d’une craie. Ce qui fait par exemple lorsqu’un comédien entre dans une des maisons du village, il ouvre symboliquement une porte, se retourne et ferme la porte, avant de parler aux habitants.

L’étonnant dans tout ça, c’est que très vite la disposition théâtrale de ce film oblige à porter son attention sur le texte et là je dois dire que toutes les personnes qui aiment les textes, seront servies, et ce malgré les presque deux heures que durent ces échanges, si toutefois vous êtes intéressés par les sociétés (où la société), vous irez jusqu’au bout.

Je vous invite à lire les critiques de « LE BLEU DU MIROIR : lien  ou encore « AlloCiné » : lien, ou encore le « Sens Critique » : lien

Et pour terminer je souscris pleinement à cet avis: Quel film ! Sa mise en scène est unique, il n’y a pas deux films comme « Dogville » et rien que pour ça : il vaut la peine d’être vu ! Les personnages s’infusent littéralement dans les veines de leurs interprètes qui nous offrent du début jusqu’à la fin de « Dogville » un spectacle époustouflant ! Lars Von Trier explore le genre humain sans faire de concessions (il ne nous ménage pas), avec une vision crue, peut-être exagérée (surtout à la fin) mais terriblement vraie. Ce film est brutal quelques fois mais c’est une violence nécessaire qui est faite au spectateur pour l’encourager à descendre dans les bas-fonds de l’esprit humain pour voir ce qui s’y passe. Fascinant !

Maintenant attention, ce n’est certainement pas un film pour se détendre, il peut être facilement considéré comme intellectuel, en tout cas il ne laisse pas indifférent sur la société que nous connaissons. MC