Étiquettes

L’échange (ou débat), qui se tiendra le 20 mars 2019 au siège du parti, organisé à l’initiative de la secrétaire d’État Marlène Schiappa, sur le thème « Laïcité : faire vivre l’esprit de 1905 en 2019 » est autant souhaité que redouté par les élus du groupe LR–EM.

Les élus « marcheurs » mesurent l’urgence de bâtir une doctrine sur ce sujet jamais […]. Ils savent aussi que, chez eux, la confrontation couve depuis longtemps entre deux lignes antagonistes. La controverse sur le «hijab de sport» de Décathlon l’a de nouveau mise en lumière. Un spectacle regardé avec gourmandise par [Les Républicains (LR) de Wauquiez, comme de ceux du Rassemblement National (RN) de Marine Le Pen], qui ont raillé les « atermoiements » macronistes… oubliant que la fracture traverse tous les partis [de droites et extrêmes droites].

« Il est temps qu’on en débatte puisque, de toute façon, le sujet revient, invité par les soubresauts de l’actualité », note la députée Aurore Bergé.

La laïcité a divisé la majorité à au moins cinq reprises.

A l’automne [2017], quand une violente querelle oppose Médiapart à Charlie Hebdo, c’est Manuel Valls, ex-Premier ministre, apparenté LR-EM se fait héraut d’une « laïcité de combat » qui monte au front, accusant Edwy Plenel de «complaisance» et de « complicité intellectuelle » avec le terrorisme. De nombreux députés LR-EM prennent leurs distances, rappelant que la voix de leur collègue Valls, ne les engage pas et se raccrochant à la modération prônée par Macron durant la campagne. Sauf que dans le même temps Valls tisse convainc une poignée de marcheurs qui rejoignent sa position.

En mai [2018], une polémique vise Maryam Pougetoux, présidente voilée de l’ Unef à Paris-IV. « Choquant » pour Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, et Jean-Michel Blanquer, à l’Éducation. Marlène Schiappa pointe une contradiction entre les valeurs « progressistes et féministes » portées par le syndicat étudiant, « alors que le voile, c’est la preuve de l’emprise de la religion ». A l’inverse, Aurélien Taché fait valoir « le choix individuel » de la militante, et Fiona Lazaar refuse qu’une femme « se résume à son apparence ou à son voile ».

Dans l’hémicycle, par deux fois, des amendements ont semé le trouble à LR-EM.

En juin [2018], une cinquantaine de députés veulent faire sauter un article du projet de loi « pour un État au service d’une société de confiance », qui prévoit d’exclure les associations cultuelles du registre des représentants d’intérêts. Disposition qui permettrait à ces dernières de ne pas avoir à déclarer leurs rencontres avec des élus, ministres et hauts fonctionnaires. « Ces associations cultuelles doivent être placées dans la loi sur le même rang que les autres représentants d’intérêts », protestent ces députés. Qui votent un amendement PS similaire au leur pour supprimer la version du gouvernement. Le vote est extrêmement serré : si l’amendement est rejeté, 64 LR-EM ont voté pour et 66 contre. Tollé.

Enfin, en février [2019], lors de l’examen du texte sur l’école, la majorité est alertée à l’approche d’un amendement d’Eric Ciotti pour proscrire le port du voile aux mères accompagnant les sorties scolaires. Le bruit court que des marcheurs pourraient le voter en suggérant de simples ajustements.

Affolement dans les diverses boucles « Telegram », où les partisans de l’interdiction et ceux qui y sont hostiles appellent leurs camarades en renfort. Un an auparavant, Blanquer avait personnellement estimé que les accompagnateurs scolaires devraient se conformer à cette neutralité. Lors d’une pause, une explication a lieu dans un salon attenant à l’hémicycle entre une soixantaine de députés et le ministre. Face au tollé, celui-ci donne un avis défavorable à l’amendement, néanmoins voté par cinq LR-EM.

Nul doute que les deux camps se retrouveront pour faire entendre leurs voix le 20 mars.


D’après un article signé Laure Equy dans Libération d’un article dont le titre original est « schisme à la république en marche ». Source (extrait)


Compte tenu de la force représentative du groupe la république en marche (LR–EM) dans l’hémicycle, pouvons-nous en déduire que la laïcité sera, selon la volonté présidentielle, remise en cause avec  » intégration des volontés des cultes » représentés en France ?

Ou tout simplement, avez-vous un avis sur la question ? MC