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Une interview de François Bazin plaçant la situation de Macron dans le contexte social actuel. Un avis comme un autre.

  • LE FIGARO. Le rythme des réformes ralentit et le chef de l’État retrouve des couleurs dans les enquêtes d’opinion. Le grand débat est-il une miraculeuse voie de sortie de crise ?

François BAZIN. Macron reste globalement très impopulaire, mais le grand débat lui a redonné l’oxygène qui lui faisait défaut à la fin de l’année. Il lui permet de mettre en scène un dialogue retrouvé, sinon avec les Français, du moins avec leurs élus, maires notamment. […]

C’est peu et beaucoup à la fois.

  • Peu parce que l’échange ne remplacera jamais l’action.
  • Beaucoup parce que le président pouvait craindre que le court-circuit soit complet avec l’opinion.

Le « grand débat », dans ce contexte, c’est [un simulacre de] démocratie directe mis, au service d’une [« monarchie »]. Les sujets [les élus, la populace] exposent leurs doléances et le roi les écoute. Comme dans les réunions qu’il anime, [le roi jupitérien entend être au centre du jeu] […]

  • LE FIGARO. A-t-il réussi son pari ?

Il est sorti de la nasse. […]  En ce sens, il a surtout gagné du temps tout en corrigeant son image, loin des provocations outrancières de son début de mandat. Mais « le succès » du grand débat l’oblige, ou plutôt le contraint, […] [à trier et trancher].

Depuis le début, Macron est dans cette contradiction : garder le cap, maintenir la ligne des réformes, rester un président actif, alors que le ressort principal de la crise qu’on vient de traverser est un désir profond, sinon de changement, du moins de correction. […]

  • LE FIGARO. Cette contradiction est-elle tenable ?

Elle est à haut risque, en tout cas. […]

  • LE FIGARO. Comment Emmanuel Macron peut-il sortir de cette crise la tête haute ?

Pour lui, le moment de vérité arrive. […]

  • LE FIGARO. La crise aiguë que nous venons de traverser […]  traduit-elle – ce qui serait plus grave – un rejet d’une forme de présidence, façon Ve République, que Macron a voulu pousser jusqu’à son paroxysme ?

[…] Si tel est le cas, le rendez-vous capital qui attend Macron n’est pas celui des conclusions officielles du grand débat ou même du verdict des européennes. Il porte essentiellement sur la méthode qu’il va pouvoir choisir pour relancer concrètement, d’ici la fin de l’année, quelques chantiers majeurs, […]


Article inspiré de interview réalisée par Loris Boichot, de François Bazin paru dans « Le Figaro ». Titre original : « François Bazin : «Pour Macron, le moment de vérité arrive » » – source (extrait)