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Ils sont sept à avoir quitté le groupe de la majorité la république en marche (LR – EM). Des décisions individuelles, dues à une rigidité, une trop grande « verticalité ».

[…] Pas encore de quoi fragiliser fortement l’édifice, mais suffisamment pour en interroger les fondations. Les départs se sont faits au compte-gouttes depuis le mois d’avril 2018. Jean-Michel Clément, ancien socialiste, élu de la Vienne, fut le premier, puis Frédérique Dumas, qui a retrouvé l’UDI. Depuis la rentrée, les désertions se sont accélérées, mais toujours de manière isolée.

A chaque fois, elles ont été le fait de personnalités singulières et indépendantes, bien souvent ancrées en politique depuis longtemps. […] « Emmanuel Macron promettait un changement d’état d’esprit et en particulier de tenir compte des lo­giques ascendantes en partant de la vie concrète », relate le député du Morbihan, Paul Molac. « Mais une fois élus, au contraire, on nous a demandé de faire descendre ce que l’exécutif décidait et de l’expliquer aux territoires. C’est l’inverse de ce qu’on nous a vendu dans la campagne ! C’était la verticalité du pouvoir alors qu’on nous avait vendu l’horizontalité », ajoute-t-il.

« Incapacité collective »

-­Michel Clément, qui a brigué notamment (en vain) la présidence de la commission des lois. « Il fallait tuer tous ceux qui viennent de l’ancien monde », fustige François-Michel Lambert, franc-tireur venu des rangs d’Europe-Ecologie-Les-Verts. […]

Emmanuel Macron promettait de travailler avec les bonnes volontés de droite et de gauche, mais beaucoup d’élus ont été heurtés par le manque de travail avec l’opposition. « En marche ! s’est construit en s’ouvrant aux sensibilités, mais est devenu un bloc qui ne tend la main à personne », note Frédérique Dumas, qui a quitté le groupe en septembre. Matthieu Orphelin déplore, lui aussi, « cette incapacité collective à dépasser les clivages » en se remémorant l’examen avorté d’une proposition de loi socialiste sur la création d’un fonds d’indemnisation des victimes des pesticides.

Depuis son départ de LRM, le député de Maine-et-Loire projette son avenir politique dans Accélérons, le collectif transpartisan de députés qu’il a fondé pour porter des propositions sur la transition écologique.

Matthieu Orphelin faisait pourtant partie des profils mis en avant très tôt dans la campagne présidentielle pour montrer la largesse de l’éventail idéologique d’En marche ! « J’étais là pour faire l’écolo, se souvient-il. Dans le programme, on avait des choses intéressantes en matière de transition écologique. » Mais au fur et à mesure, il déchante face à l’attitude du gouvernement.

« On a deux grilles de lecture différentes. Les dernières victoires que j’ai obtenues c’était pour éviter des reculs alors qu’avec quelques milliards en plus on pour­ rait faire un truc génial. »

Jean-Michel Clément. « On a bien compris la dérive de l’exécutif qui est d’aller chercher sur le terrain politique à droite », raconte celui qui avait claqué la porte après le vote de la loi asile et immigration. « Je ne crois pas à une aile gauche à En marche ! car la Macronie n’a rien à voir avec la gauche », conclut-il.

« A ce que je sache, Emmanuel Macron n’a pas demandé à avoir une armée de décérébrés qui appuient sur un bouton », abonde Sébastien Nadot, le seul à avoir été exclu, en décembre 2018, après qu’il a voté contre le budget pour 2019.

[…]  « Ça change tout quand on commence à pouvoir dire les choses, on les fait exister », relate Frédérique Dumas. Parmi les déçus du macronisme figurent des députés, comme elle, contrariés par le manque de prise en compte de leur travail par l’exécutif. […]


Manon Rescan, Le Monde titre original : « Les espoirs déçus des députés qui ont quitté La République en marche ». Source (extrait)