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Alerte au débordement de déchets toxiques ! Acides, pesticides, solvants, produits chimiques divers …

Depuis un mois, les particuliers ont un mal fou à s’en débarrasser dans les déchetteries spécialisées. Nombre d’entre elles, jusqu’à nouvel ordre, refusent tout dépôt, ce qui peut pousser certains particuliers à abandonner ces matières toxiques dans la nature, les égouts ou les décharges ménagères…

Pourquoi ?

Ces déchets diffus spécifiques (DDS) se trouvent au coeur d’une bouillabaisse administrative. Depuis le 11 janvier, EcoDDS (l’éco-organisme qui les traite et les ramasse (comme d’autres les emballages ou les vieux pneus)) n’a plus l’agrément du gouvernement pour exercer son activité. Les déchetteries gérées par les collectivités locales peuvent toujours faire enlever et traiter ces DDS, mais aux frais du budget communal, ce qui limite l’ardeur des mairies…

L’origine de ce bug ?

EcoDDS estime qu’une erreur s’était glissée dans son cahier des charges, qui l’empêchait de demander un nouvel agrément. Si les pouvoirs publics reconnaissent l’erreur, ils soutiennent qu’elle n’empêchait nullement la demande d’agrément. EcoDDS a donc fini par déposer sa demande, mais celle-ci ne sera pas examinée avant la mi-mars, au mieux !

En attendant, environ 630 tonnes de ces saloperies s’accumulent chaque semaine chez les particuliers ou dans les déchetteries.

Et la facture flambe.

De 10.000 à 15.000 euros de frais mensuels supplémentaires pour le Grand Lyon, voire 50.000 euros pour un syndicat de déchets de Charente (ces collectivités faisant traiter les DDS à leurs frais).

L’Eco… logique

Tancés par Brune Poirson, les fabricants de produits chimiques actionnaires d’EcoDDS ont promis qu’ils rembourseraient les collectivités. Sans préciser les modalités. La sous-ministre de l’Écologie a d’autres soucis : le 31 janvier, EcoDDS est accusé d’avoir empêché un contrôle de la direction francilienne de l’environnement dans ses locaux ! Un procès-verbal devrait s’ensuivre, indique sobrement le parquet de Nanterre. Contacté par « Le Canard », EcoDDS ne donne pas suite.

Dans un communiqué émis le 1er février, Poirson a dénoncé les éco-organismes qui considèrent que « le ministère est une chambre d’enregistrement de leur défaillance (sic) ».


Article signé : J. C. – Le Canard enchaîné – 20/02/2019