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Ce n’est pas la première fois qu’Édouard Philippe joue les pompiers de service. Déjà, au déclenchement de l’affaire Benalla, au plus fort d’un mois de juillet, [il] avait tenu la maison macroniste à l’Assemblée […], [mais cette fois l’affaire prend une tout autre tournure.]

Cette fois, […] c’est dans la cour de Matignon, [loin de tous les élus de l’assemblée nationale] qu’Édouard Philippe a répondu à la charge de la commission d’enquête du Sénat, [fustigeant] le rapport du Sénat le jugeant « incompréhensibles et souvent injustes », les « recommandations ou formulations » de la commission d’enquête sur « des fonctionnaires qui travaillent auprès du président de la République ». […] C’est donc sur le terrain politique que l’exécutif a choisi de riposter. […]

Contre-offensive gouvernementale

Après avoir hésité sur la réaction, sans doute surprise par la violence du réquisitoire des sénateurs, la majorité a lancé une contre-offensive coordonnée. Dans la matinée de jeudi, la Garde des Sceaux a aussi dénoncé le fameux rapport des sénateurs. « À l’issue de ce rapport, je constate que beaucoup d’entre elles concernent l’organisation interne de l’Élysée, il me semble qu’on n’est pas complètement dans le respect de la séparation des pouvoirs tel qu’il est prévu dans la Constitution », avait déploré Nicole Belloubet.

Dans la foulée, le patron de LREM Stanislas Guérini et celui du MoDem François Bayrou ont tour à tour dénoncé une « torpille politique » et « une certaine délectation à pointer du doigt la présidence ». De son côté, l’Élysée prépare sa contre-attaque. Après un long silence radio, la présidence indique qu’elle répondra à certaines des recommandations contenues dans le rapport. Mais ménage l’effet de surprise sur les modalités de son intervention.

Parallèlement, la macronie tente d’enfoncer un coin dans la famille des Républicains, entre le président de la commission d’enquête Philippe Bas et le président du Sénat Gérard Larcher. « Pourquoi la commission demande-t-elle au bureau du Sénat de prendre la décision de saisir ou non la justice en ce qui concerne les « omissions » de trois conseillers d’Emmanuel Macron, au lieu de prendre une décision directement, s’interroge un pilier de la majorité. Philippe Bas repasse la patate chaude à Gérard Larcher car il sait bien que ses accusations sont trop légères ».

Une stratégie offensive qui n’est pas sans risque pour l’Élysée. En politisant le feuilleton Benalla, l’exécutif se retrouve plus que jamais dans le collimateur de ses opposants qui dénoncent depuis plus de sept mois maintenant « une affaire d’État ».


François-Xavier Bourmaud, Le Figaro, titre original : « Benalla : après le choc, l’exécutif coordonne sa riposte »  – Source (extrait)