Étiquettes

,

Relire Brecht dans cette période ne serait pas un mal. Il y a dans l’air malsain élyséen, quelques bruits de couloir voulant une censure des médias… serait-ce une suite logique aux déploiements excessifs de la force publique, de la nouvelle loi restreignant les libertés de manifester qu’est évoquer la volonté de ne diffuser QUE la bonne parole gouvernementale. N’allons-nous pas vers une dictature soi-disante « démocratique » ? MC

Le texte ci-dessous alerte, certes, mais nous vous demanderont d’en tempérer les dires au moins dans un premier temps. L’auteur de l’article, le journaliste Claude Askolovitch, un éditorialiste habitué des plateaux de télévision, pas spécialement connu pour être un pourfendeur de la Macronie d’une part et d’autre part utilisant Slade.fr comme support – diffuseur de ce genre d’information, nous laisse à penser que ces propos sont (peut-être) à prendre avec des pincettes, et surtout, il nous semble nécessaire d’attendre et entendre d’autres sont cloches avant de se prononcer définitivement. Quoi qu’il en soit actuellement, à part les quotidiens « la croix », et « l’humanité », quelques hebdomadaires tels que le « Canard enchaîné », « les Inrockuptibles », quelques mensuelles dont « le monde diplomatique », la plupart des autres sont sous gouvernance de capitaines d’industrie, amis de la Macronie. Reste quelques espaces de pseudo liberté au travers des réseaux sociaux… mais pour combien de temps. MC

Notre président de la République veut réordonner notre monde; nous manquons de vérité, il va y remédier. Il veut « s’assurer de la neutralité » et « vérifier l’information » dans les médias, en créant des « structures », financées par l’État, qui contrôleraient médias publics et privés, structures nanties de journalistes qui seraient les « garants » de l’affaire.

Notre président de la République, disons simplement, veut mettre le journalisme sous tutelle, telle une classe sociale assistée dont il faudrait encadrer les « conneries », tels des présupposés casseurs qu’il faudrait bannir des manifestations. La liberté s’épanouira sous la contrainte? Son organe de vérification s’imposera-t-il à la presse?

Les journalistes qui lui seront affrétés deviendront-ils nos supérieurs et nos gardiens, nos censeurs, les auxiliaires du pouvoir, de l’État?

C’est un péché récurrent, chez les idéalistes, de s’autoriser à régenter les autres, dans leur vie ou leurs paroles, leurs images ou leurs écrits –on nous dit toujours que c’est pour le bien commun.

On a connu d’autres ennemis de la liberté de la presse, tonitruant ici, tweetant aux Amériques. On n’imaginait pas Emmanuel Macron en Trump lissé, en Mélenchon poli? Il leur ressemble pourtant et les dépasse quand il pense à voix haute, et par un journaliste, nous ne pouvons l’ignorer. Qu’en ferons-nous? Soumettre la presse à la vérification étatique ?

L’article est paru sur le site du Point, signé par Emmanuel Beretta, un des happy few à carte de presse conviés jeudi à prendre le café avec le chef de l’État, pour un « échange informel » qui illustra, une fois de plus, la misère du journalisme de cour ou de petit salon. Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias


Claude Askolovitch, Slate.fr – Titre original : « Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias » – Source (Extrait)