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Comme chaque année, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a compilé, pays par pays, les statistiques relatives aux maladies liées à l’alimentation. Le bilan pour la France est dur à avaler : « la situation est jugée stagnante (pour le moins) ou détériorée (dans la plupart des cas) ».

L’OMS s’inquiète notamment de l’augmentation du nombre d’obèses dans la population adulte, qui atteint désormais 22 % — tandis que 66,9 % des hommes affichent un surpoids ! La faute aux aliments ultra-transformés, trop gras, trop sucrés, trop salés, qui représentent aujourd’hui la moitié du contenu de notre assiette. Pour un pays dont la gastronomie est classée au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, ça la fiche mal !

Parmi les marqueurs de la malbouffe qui écornent la réputation de la cuisine tricolore, l’OMS pointe le déséquilibre entre oméga. Vous savez, ces fameux acides gras essentiels à notre santé. L’organisme a besoin en quantités identiques d’oméga 3 et 6.

Un excès d’oméga 6 provoque des réactions inflammatoires qui favorisent les cancers, les maladies cardio-vasculaires et les troubles neurologiques. Or nous avalons, en moyenne, dix fois plus d’oméga 6!

Parmi les marqueurs de la malbouffe qui écornent la réputation de la cuisine tricolore, l’OMS pointe le déséquilibre entre oméga. Vous savez, ces fameux acides gras essentiels à notre santé. L’organisme a besoin en quantités identiques d’oméga 3 et 6. Un excès d’oméga 6 provoque des réactions inflammatoires qui favorisent les cancers, les maladies cardio-vasculaires et les troubles neurologiques. Or nous avalons, en moyenne, dix fois plus d’oméga 6!

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, moins de 5 % des Français sont dans les clous avec le bon ratio oméga 3-oméga 6.

A l’origine de ce désastre nutritionnel, la surutilisation par l’industrie agroalimentaire d’huiles végétales bon marché riches en oméga 6, tel le tournesol, qui représente l’essentiel des 800.000 tonnes que nous avalons chaque année. En modifiant [l’alimentation] du bétail, on a encore aggravé les choses.

Autrefois, les vaches se nourrissaient d’herbe, riche en oméga 3. Aujourd’hui, pour produire 10 tonnes de lait par an, elles reçoivent, en complément, des granulés énergétiques à base de maïs et de soja, qui contiennent surtout des oméga 6.

Résultat : la quantité d’oméga 3 dans le lait et la viande a chuté, alors que la concentration en oméga 6 a grimpé en flèche. Même phénomène pour les poulets de chair industriels et pour les œufs. Ainsi, on avale 10 grammes par jour d’oméga 6, au lieu du maximum recommandé de 8 grammes, et nous plafonnons à 0,9 gramme d’oméga 3, contre un minimum préconisé de 1,8 gramme.

L’agroalimentaire pourra toujours dire que l’OMS n’est pas l’oméga de la santé…


Article lu dans « le Canard enchaîné », titre original « l’alpha et l’oméga de la malbouffe » – mercredi 30/01/2019.