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Bien sûr que ces françaises et français qui grognent ne sont pas que des rustres mal léchés et analphabète, dans une grande majorité les doléances sont à prendre en considération. L’ensemble des propositions traduisent en sous-entendus qu’il y a surtout besoin de remettre sur terre le petit nombre d’énarques et d’élus qui nous dirigent, si déconnectés de la réalité avec leurs privilèges. MC

Quelques florilèges de doléances.

Depuis 1993, les retraités sont dans la spirale de la régression sociale. Ces hors-travail sont traités comme des profiteurs, des assistés, comme s’ils n’avaient jamais travaillé, jamais contribué au développement du pays, jamais cotisé pour payer les retraites de ceux qui s’y trouvaient, comme si leurs 40 voire 45 années de labeur parfois dans des conditions de travail difficiles, insalubres avec des durées hebdomadaires à rallonge, étaient sans intérêt. C’est scandaleux, humiliant et profondément injuste. Au contraire, nous attendons reconnaissance et revendiquons le droit de vivre dignement et de finir décemment notre vie en bénéficiant de tout ce qui peut rendre la vie meilleure. Pour cela, c’est un autre partage des richesses qu’il faut mettre en place. C’est un enjeu politique majeur pour aujourd’hui et pour demain. André Maupin – Retraité

Je ne culpabilise plus avec mon petit diesel, ma petite chaudière, mon tri sélectif. Ce point rejoint l’augmentation du pouvoir d’achat. Difficile de changer son véhicule ou de faire des travaux lorsqu’on arrive tout juste à manger. Nous sommes tous pour laisser la planète plus propre à nos enfants, faut-il encore en avoir les moyens (…) Yves Ben – Salarié

Arrêter de financer les banques pour rembourser les intérêts d’une dette que nous avons remboursée depuis longtemps, combattre avec une sévérité exemplaire l’évasion fiscale qui chaque année coûte à la nation de 80 à 100 milliards qui sont le fruit du travail des citoyens, stopper le financement du Cice qui profite aux entreprises du CAC 40… Avec cet argent, augmentons les pensions, les retraites, les salaires, les allocations, cela relancera l’économie. Réinvestissons dans nos services publics (hôpitaux, postes, SNCF…), nationalisons les autoroutes, le secteur énergétique et pétrolier (Total), le pouvoir pour l’humain pas pour la finance. Michel Becco – Salarié

Je m’appelle Virginie Devroe, originaire du Pas-De-Calais, je vis dans Le Lot depuis vingt ans. Je suis chef de rayon dans un Intermarché, mon travail de responsable me plaît énormément. Je gagne un peu plus que le Smic, j’ai une prime d’objectifs en fin d’année et un 13e mois. Je ne roule pas sur l’or, mon mari aussi travaille dans une grande surface, il n’a pas de prime, ni de 13e mois, et gagne un peu plus que le Smic également, il fait des heures supplémentaires. Nous sommes de ces personnes qui ne rechignent pas aux impôts, qui comprennent le sens de « solidarité nationale ». Je suis personnellement attachée aux services publics, nous vivons dans un bourg de 2.500 habitants. Les médecins sont rares et précieux. L’hôpital et la maternité les plus proches sont à 3/4 d’heures de notre bourg. Ils ont fait naître notre petit garçon et dans les meilleures conditions. Je soutiens le mouvement des gilets jaunes, car je vois chaque jour le libéralisme faire oublier le terme même de « solidarité » contre « responsabilité », le terme « d’assistance », qui n’a rien de péjoratif dans mon raisonnement, contre celui « d’émancipation ». Je m’offusque chaque jour des scandales financiers, des scandales sanitaires, des inégalités et des lois absurdes souvent votées sans vision élargie. Il me vient souvent la lassitude des politiques menées, des politiques du tirage vers le bas, de l’infantilisation, je ne supporte plus le terme « pragmatisme » qui n’a plus aucun sens que celui de nous « obliger » à la modération, à la casse sociale, au moins pour les moins. Je constate une résurgence du racisme social : hier « les nouveaux pauvres » faisaient pitié aux classes dirigeantes, elles ont réussi à les faire basculer dans la stigmatisation, et la culpabilité ! Ils nous gouvernent, font voter les lois et nous rendent au final responsables. (…) Virginie Devroe- Salariée