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La citation d’une partie du livre « Que le diable m’emporte » de Mary MacLane, qui suit, traduit une partie des pensées de la jeunesse dans certaines périodes de leur vie (selon les statistiques menant au suicide les 15/30 ans).

En sélectionnant ce passage de livre, ce n’est surtout pas pour inciter quiconque à suivre ses pensées macabre, mais ces paroles doivent servir à éveiller les proches de ces jeunes, à les alerter, lorsqu’ils sont en périodes de « pensées moroses » et éviter que leurs réflexions les mènent à des fins extrêmes. MC

Tout est si morne – si morne.

Je voudrais mourir aujourd’hui. Je ne devrais certainement pas être moins malheureuse après ma mort – mais cette vie est indiciblement monotone. Je n’ai pas de force. Je ne suis pas capable de supporter des épreuves. Je ne peux pas supporter des épreuves. Je ne désire pas être forte. Je veux être heureuse.

Quand j’étais toute petite, la vie aussi était froide et morne, mais j’étais sûr que ce serait différent quand j’aurais dix ans. Comme ça doit être agréable d’avoir dix ans, je pensais – on ne doit pas être aussi seul.

Mais les années ont passé, j’ai eux dix ans, et j’étais toujours aussi seul. Et à dix ans, je comprenais encore moins le monde autour de moi.

Mais je me suis dit que ça serait sûrement différent quand j’aurai dix sept ans. Je connaîtrai tellement de choses à dix sept ans ! Mais à dix sept ans j’étais encore plus seul, et tout était toujours plus incompréhensible.

Alors je me suis répété – faiblement – que d’ici à quelques années, tout s’éclaircirait, et que je me demanderais comment j’avais pu être aussi stupide tout ce temps. Mais désormais, les quelques années sont derrière moi, et me voici plongée dans une solitude plus désespérée et invivable que quand j’étais toute petite. Pourtant je me demande comment j’ai pu être aussi stupide – maintenant que je le suis moins et que j’ai cessé d’espérer une vie différente quand j’aurai vingt-cinq ans.

Car je sais que ça ne sera pas différent.

Je sais que ça sera la même lassitude, le même néant, la même solitude.

Je me sens seul, si seul.

C’est l’abandon de tout espoir qui rend mon cœur malade.

C’est insupportable.

Pourquoi – pourquoi suis-je né ?

Il m’est impossible de vivre, et il m’est impossible de mourir – car qu’y aura-t-il après ma mort ? Je m’imagine errant dans des lieux sombres et désolés.

Et pourtant je voudrais mourir aujourd’hui.