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Des associations alertent sur ce mal contemporain. Selon un sondage, 58 % des Français connaissent quelqu’un en situation d’isolement dans leur entourage professionnel, familial ou de voisinage.

C’est l’un des maux de nos sociétés contemporaines.

La solitude touche de nombreux Français. Ce mercredi, à l’occasion de la Journée des solitudes, des associations alertent sur la nécessité de porter attention aux personnes isolées. Selon une enquête BVA pour l’association Astrée, 58 % des Français connaissent des personnes souffrant de solitude, dans leur famille, leur voisinage ou leur entourage professionnel. Et 44 % des Français se sentent seuls.

Plus qu’un sentiment, la solitude devient un sujet de société. En cause : l’allongement de la vie, mais aussi les changements qui ont touché la sphère familiale depuis plusieurs décennies. Moins des familles nombreuses, mises en couple plus tardive, unions plus fragiles, décohabitation des générations… Les raisons sont multiples. Cette solitude touche les personnes âgées, mais aussi les jeunes 6 % des 15-30 ans, soit pas moins de 700 000 jeunes, sont considérés en situation d’isolement social, selon une étude du Crédoc pour la Fondation de France.

Un sentiment peu formulé

Le sentiment d’isolement reste peu formulé (seulement un quart des personnes interrogées avoue en parler). Il est donc important d’être attentifs aux signaux faibles qui marquent un éloignement de la vie sociale. Souvent, c’est une rupture dans le parcours de vie qui plonge dans la solitude.

En premier lieu, la perte de son conjoint ou d ‘un proche se révèle un élément majeur (pour 58 % des Français qui ont ressenti de la solitude).

Le vieillissement est un autre élément générateur d’isolement (dans 43 % des cas), mais un divorce ou une séparation (42 %) la perte d’un emploi (31 %), l’isolement géographique du lieu de vie (26 %) et les problèmes de santé (25 %) sont aussi mis en avant.

La solitude frappe plus fortement les personnes vulnérables. Comme le montre la Fondation de France, être malade fragilise particulièrement les liens sociaux.

Autres victimes de la solitude, les personnes ne bénéficiant par d’un réseau de protection rapprochée : les chômeurs de longue durée, les travailleurs à bas revenus, les mères célibataires, jeunes et occupant des emplois précaires, ou encore les personnes âgées isolées.

Les limites des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ne sont pas un levier efficace contre la solitude, selon l’étude BVA pour Astrée. Ils permettent surtout de discuter via internet avec des gens et de garder des contacts avec la famille et les amis (pour 76 % des sondés), mais réduisent les échanges physiques dans la vie réelle (pour 69 % des personnes interrogées). Ils ne permettent pas de rencontrer de nouvelles personnes (50 % des réponses).

Pour nouer des liens, rien de tel que des interactions dans la vie quotidienne.


LE CHIFFRE    ———————–     15 %

C’est le pourcentage de la population qui vit seule en 2013, contre 12 % en 1999 et 10 % en 1990, selon une enquête de l’Insee publiée en août 2017. Cela représente dix millions de personnes qui résident seules dans leur logement en en France.


Le Dauphiné Libéré – 23 Janv. 2019