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La nomination de Sébastien Lecornu et d’Emmanuelle Wargon comme animateurs du grand débat n’est pas vraiment bien vécue par leurs collègues de LR-EM.

D’autant que leur mise en orbite s’accompagne d’une consigne de discrétion pour les autres. « En clair, ce sont les deux seuls qui ont le droit d’exister dans la période », décrypte un conseiller. […]


Le cap des réformes est maintenu, martèle le chef de l’État, mais comment et sur quel calendrier ?

C’est le grand flou.

Les ministres ne savent ni la tournure que va prendre le grand débat, ni surtout ce que le chef de l’État compte en faire.


« Continuez » leur dit le pouvoir, tout en leur donnant aussi des signes de prudence voire d’incertitude. L’homme qu’ils suivaient à l’aveugle leur semble avoir perdu sa boussole. La peur de dire ou de faire une bêtise s’est installée. Son premier corollaire s’appelle l’immobilisme.

La question a fait l’objet d’un tour de table lors du dernier séminaire gouvernemental. Jean-Yves Le Drian a notamment pris la parole pour s’inquiéter d’une réforme de la fonction publique susceptible de mettre les fonctionnaires dans la rue.

Pas question de la reporter, a tranché le président.

Mais de quelle réforme parle-t-on ? De celle qui devait inciter aux départs volontaires et généraliser les contrats, comme affirmé ces derniers mois. Ou de celle qui s’attachera à « mieux former et mieux payer les fonctionnaires », comme l’assure Gérald Darmanin ?

Peut-être est-ce cela le retour à la réalité quotidienne des Français qu’initie le grand débat : comme eux, les ministres peuvent connaître le chômage technique [à moins de savoir parfaitement nager en eaux plus ou moins troubles – MC]


Cécile Cornudet, Les Echos – Titre original : « Ministres de Macron : à quoi sert-on ? » – Source (Extrait)