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Une future juge des juges à d’ores et déjà quelques accrocs dans la robe.

Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, veut désigner au conseil supérieur de la magistrature (CSM) une personnalité qualifiée, très… qualifiée.

Outre une juriste, son choix s’est porté sur Mireille Faugère, une ancienne dirigeante de la SNCF et de l’Assistance Publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), malmené, dans un jugement administratif de juillet dernier, pour avoir « indûment » cumulé des rémunérations publiques et privées. Une candidate parfaite pour veiller à la déontologie des magistrats !

En 2016, Mireille Faugère avaient été méchamment épinglées par un rapport de la chambre régionale des comptes, révélé à l’époque par « le Canard enchaîné (15/10/16) ». Elle lui reprochait un salaire mirobolant à la tête de l’AP-HP : près de 300.000 € bruts par an, soit 50 % de plus que son prédécesseur. Sans compter un parachute doré : 125.000 €, alors que son indemnité de licenciement aurait dû se limiter à 25.880 €, selon les magistrats.

Jetons dorés

Le montant du salaire avait été validé par un courrier ministériel d’octobre 2010, mais cette largesse n’était « pas fondée sur une base réglementaire », dézinguait le rapport.

Plus gênant : pendant ces trois années à la tête de l’AP-HP, Faugère a également reçu des jetons de présence de deux entreprises, EDF et Essilor, dans lequel elle siégeait comme administratrice.

Un cumul totalement hors des clous, estimait le rapport : « la liste des activités (…) susceptibles d’être autorisé (…) ne comprend pas les mandats d’administrateur de sociétés anonymes ». Au total, ce supplément d’âme lui a rapporté 148.934 €. Une somme que le successeur de Faugère, Martin Hirsch, lui a demandé de rembourser à l’AP-HP. Niet, a rétorqué l’intéressé, en contestant le recouvrement au tribunal administratif.

Le 12 juillet 2018, le tribunal de Paris la renvoyait dans les cordes, comme l’a révélé le site Hospimèdia (27/7/2018). Selon le jugement consulté par « le Canard », les « activités privées » de Mireille Faugère étaient bel et bien « prohibées », et elle doit rembourser l’argent. Depuis, elle a fait appel.

Ça la fiche mal, même si le CSM contrôle les juges pénaux, et pas les juges administratifs…

Le 16 janvier, la commission des lois de l’assemblée auditionnera la candidate chouchou de Ferrand. Une formalité [en quelque sorte].

Devant la commission, Faugère pourra mettre en avant son excellent CV : en 2014 a été recasée… à la Cour des Comptes, (où elle siège toujours [avec quelques avantages financiers]) […] !


Isabelle Barré – le Canard enchaîné – 16 janvier 2019.


Note personnelle :

N’est-il pas normal de stigmatiser toute cette caste de copains coquins qui s’en mettent plein les fouilles. Une des réformes espérées seraient de pouvoir révoquer séance tenante ce genre de personnes aux cumuls d’emplois plus ou moins honorifique aux rétributions avantageuses.

Comme il est facile à travers ce type d’exemple, de faire un amalgame et penser que tous les élus sont des « pourritures » alors que dans le tas, certains font un travail admirable, sans pour autant en « tirer » des avantages financiers, immobiliers, fiscaux ou juridiques frauduleux, pas plus que de réaliser un enrichissement personnel. MC