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 Une armée de candidats pour 20 places.

« Aux européennes, une liste En marche ! va se faire étriller. » Ayant formulé devant ses troupes ce funeste augure, Macron a présenté une feuille de route des plus claires : s’allier avec des centristes et des élus de droite ne voulant pas travailler avec Wauquiez.

Les grandes manœuvres ont déjà commencé. Un dîner des « progressistes » a été organisé, le 20 novembre à l’Élysée, avec Juppé, Raffarin, Bayrou, Hénart, Moscovici et Le Drian. Objet de cette sainte alliance : limiter les dégâts, et arriver devant le RN de Marine Le Pen.

Un accord avec les radicaux a déjà été trouvé, leur garantissant trois ou quatre places sur la liste. Pour le reste, le dosage des sensibilités nécessaires à la constitution d’une « grande alliance progressiste » relève de la chimie fine.

D’autant que, avec des sondages en berne, En marche ! ne peut espérer aujourd’hui qu’une vingtaine d’élus, au maximum, et devra faire place parmi eux au MoDem et à Agir (centre droit), sans oublier d’autres candidats.

Lobbyistes, écolos et vieux briscards

Catégorie « hauts fonctionnaires bruxellois » : Jean-Luc Demarty, patron de la Direction générale du commerce. Catégorie « vieux sages » : Gilles Pargneaux, eurodéputé ex-socialiste, qui dirigea naguère la puissante fédé du Nord. Ce transfuge a promis son soutien au macroniste Christophe Itier pour tenter de déboulonner Martine Aubry de la mairie lilloise.

Au sein du même groupe de prétendants, on évoque aussi Élisabeth Morin-Chartier, qui a quitté LR et s’est rapprochée d’Agir, ou l’élu centriste Dominique Riquet, spécialiste des transports.

Dans la famille des jeunes macronistes parisiens, le conseiller Europe du président de la République, Clément Beaune, et son conseiller parlementaire, Stéphane Séjourné, n’ont pas encore renoncé à leurs ambitions, en dépit de l’opposition de Macron.

Il faudra aussi un spécialiste des questions agricoles (denrée rare à LRM), sachant que la prochaine réforme de la PAC, actuellement en discussion, risque de se révéler douloureuse pour la France.

Le premier vice-président de la FNSEA, Henri Brichart, a officiellement déposé sa candidature. Cependant, la présence d’un représentant du syndicat ami des glyphosates embarrasse. Peut-il être colistier de macronistes tendance vert clair ? Car Macron ne désespère pas non plus de convaincre certains eurodéputés verts, comme Pascal Durand.

Il va falloir trancher, et vite. Et calmer l’ire de Bayrou, très mécontent de n’être plus le seul allié des Marcheurs.


Article signé J. C. – Le Canard Enchaîné – 28/11/2018J.