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La lune de miel entre Sanofi et le gouvernement se poursuit sans nuages : le 21 novembre, un avis publié au « Journal officiel » a accordé à cinq médicaments produits par le labo des hausses de prix allant de 42 % à… 80 %. Joli coup de pouce relevé par l’Agence de presse médicale (21/11).

Ainsi, l’un des médocs, l’Hydrocortancyl en version injectable, sera vendu 2,12 euros plus cher en 2019 (il s’en est écoulé 448 399 flacons l’an dernier). La rallonge a été accordée après un léger chantage de Sanofi sur le thème : « Soit le prix augmente, soit on arrête de produire ces vieux médocs qui ne sont plus rentables »… «Il arrive que d’autres labos obtiennent des hausses pour le même motif, mais, là, Sanofi a réussi un beau quintuplé », siffle un expert, admiratif.

Le lendemain, 22 novembre, Édouard Philippe inaugurait une belle exposition au Grand Palais, co-organisée par Sanofi.

Son intitulé ? « L’usine extraordinaire ». Cet événement, placé sous le « haut patronage » de Macron, a fait sursauter l’Apesac, l’association des victimes de la Dépakine, qui attend toujours que le labo indemnise les milliers d’enfants atteints d’autisme ou de malformations par la faute de ce médicament.

« Comment accepter le qualificatif d’usine extraordinaire pour parler de Sanofi alors qu’il refuse de participer à l’indemnisation des victimes [et que] son usine de Mourenx a rejeté des substances cancérigènes 190.000 fois supérieures aux normes ? » s’indigne l’Apesac. Tout de suite les grands maux…

Macron, lui, n’est pas querelleur.

En juillet, à l’Élysée, il avait reçu à dîner son ami Serge Weinberg, président de Sanofi, avec les patrons du Dolder, un club ultra-opaque réunissant les plus gros PDG de l’industrie pharmaceutique.

Au menu : l’annonce d’une série de cadeaux visant à accélérer la mise sur le marché des médicaments… au risque de laisser passer de fâcheux effets secondaires.

C’est beau, cette confiance qui résiste aux scandales sanitaires…


Isabelle Barré – Le Canard Enchaîné 28/11/2018