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Ben voyons pourquoi s’gêner.

La France (bien que première au palmarès européen des taxes et des impôts) n’a plus les moyens d’entretenir ses routes nationales.

Pas grave, il n’y a qu’à les refiler aux concessionnaires d’autoroutes, qui s’en chargeront très bien. Et (solution bienvenue à l’heure des « gilets jaunes ») sans mettre en place le moindre péage : suffit de rallonger de quelques années leurs juteuses concessions, comme cela s’est fait sous Sarkozy et Hollande.

C’est en tout cas la solution explorée par un rapport que va rendre, ces jours prochains, l’Inspection générale des finances, à la demande des ministères des Comptes publics et des Transports.

Trois scénarios y sont envisagés : la privatisation de quelques dizaines de kilomètres de routes, ou de 300 km, ou de 800 km (« Les Échos », 25/11).

Avec quand même trois petits problèmes.

Primo, les prolongements de concessions ne sont pas en odeur de sainteté à Bruxelles, où ils sont considérés comme faussant la concurrence, car ceux-ci évitent les appels d’offres.

Deuzio : est-il normal de faire payer l’usager d’une autoroute pour l’entretien d’une nationale qu’il n’emprunte pas, à l’autre bout de la France ?

Enfin, ces années supplémentaires de concession pour financer l’entretien des nationales repoussent d’autant la date de renouvellement des concessions d’autoroutes. Et le versement à l’État des milliards qui vont avec.

Creuser un trou demain pour en boucher un autre aujourd’hui, le sapeur Camember est à la manœuvre.


Article signé H. M. – Le Canard enchainé – 28/11/2018