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 Selon l’Insee, après des années de virtuelles stabilités, les moyens des plus de 65 ans stagnent.

Depuis des décennies, en fonction de votre année de naissance, à 65 ans vous aviez un niveau de vie supérieur à ceux nés avant vous arrivés au même âge. C’est le cas en particulier des personnes nées entre 1941 et 1945 dont le niveau de vie, entre 60 et 70 ans, est supérieur de plus de 10 % en euros constants à celui des gens nés entre 1936 et 1940 aux mêmes âges; selon le portrait social de l’Insee publié mardi. [Les ordonnances de 1945 concernant l’ensemble proposé par la sécurité sociale explique largement ce phénomène – MC]

Plusieurs [d’autres ] raisons expliquaient cette progression : des pensions de retraite plus élevées, en raison de carrières plus complètes et de meilleurs salaires, ainsi que la montée en charge des droits familiaux, minima de pensions et régimes complémentaires obligatoires.

Le niveau de vie des actifs recule

Cette courbe ascendante semble connaître un coup d’arrêt [est légèrement moindre] pour les personnes nées entre 1946 et 1950. Pour les générations de seniors les plus récentes, le niveau de vie n’augmente plus, mais se stabilise. « Il est encore trop tôt pour savoir si cet arrêt de la progression du niveau de vie au fil des générations va se poursuivre pour les futures générations de seniors. Mais on constate quand même un phénomène identique pour les personnes nées entre 1951 et 1955: à l’âge de 60 ans, leur niveau de vie est comparable à celui des générations nées entre 1946-1950 au même âge », observe Laurence Rioux, cheffe de la division des études sociales à l’Insee.

Cette stagnation est cependant à relativiser au regard du niveau de vie des actifs, qui, lui, a reculé de 3 % sur la période 2010-2015. « Cette évolution un peu plus favorable pour les seniors tient à la plus faible sensibilité de leurs ressources à la conjoncture économique », explique Laurence Rioux.

Patrimoine supérieur aux actifs

 […] . En 2015, le patrimoine brut moyen des seniors est supérieur de 14 % en moyenne à celui des 25-54 ans. Ils ont souvent eu un héritage (c’est le cas d’une personne de plus de 65 ans sur deux) et plus de temps pour se constituer de l’épargne.

Sur les vingt dernières années, le patrimoine brut des seniors (hors biens durables, œuvres d’art, bijoux, etc.) a été multiplié par 2,2 en euros courants quand celui des actifs a été multiplié par 1,9. La part des seniors dans les 10 % les plus modestes de la population est deux fois moindre que celle des 25-64 ans.

Générosité familiale

[…] Les seniors  […] contribuent à la redistribution familiale vers les générations plus jeunes via des donations. Les 65 ans et plus constituent les trois quarts des donateurs, les 80 ans ou plus un tiers. L’épargne est aussi un matelas pour faire face aux vieux jours. Le patrimoine fond avec l’âge quand il faut faire face aux dépenses nécessaires pour compenser la perte d’autonomie: le patrimoine des ménages, dont la personne de référence est âgée de 65 à 69 ans, est supérieur en moyenne d’un tiers à celui des ménages où la personne de référence a plus de 80 ans.


Élodie Becu – le Dauphiné Libéré- 21 novembre 2018


——————————- Un avis

L’article ci-dessus est loin de tenir compte de la réalité d’une vie au quotidien.

D’abord parce que le montant des pensions de retraite est depuis longtemps sous évalués par rapport à l’élévation du de la vie, qu’ensuite l’augmentation des prélèvements de la CSG, l’abandon de la décote de 10 % appliquée précédemment sur le montant à déclarer à l’I.R., et ajoutons à cela les nombreuses augmentations: de l’énergie, des transports, de la nourriture, des logements et taxes diverses, font que le montant des retraites ont perdu une bonne partie de leur pouvoir d’achat. (Pour mon cas personnel, – et certainement bon nombres de retraités – rien que pour cette année, il s’agit ni plus ni moins d’une semaine de nourriture en moins par mois)

En parallèle et malgré leurs moyens déclinants, la plupart des seniors aident leur ascendance comme leur descendance.

Certes il y a des aides pour la dépendance des personnes vieillissantes toutefois nous attendons la création réel soutient pour toutes ces personnes dépendantes – sans doute nous faisons nous des illusions, tant le modèle de protection sociale prônée par l’ultralibéralisme est l’auto assurance de la dépendance – mais il est toujours possible de revendiquer.

Dans l’autre sens notre descendance a besoin de soutien financier pour poursuivre des études de plus en plus onéreuses, études qui se cumulent avec les problèmes de logement souvent consenti à des prix exorbitants et des contraintes de garantie, reste encore à leur garantir un minimum d’habillement, de nourriture, voir quelques loisirs si nous ne voulons pas que la course aux petits boulots précarisés entame, voire annihiles la volonté de réussir leurs études.

La solidarité ne doit pas reposer uniquement sur les salariés et les retraités. Il faut mettre en place une contribution réellement proportionnelle sur tous les revenus, du travail comme du capital, pour financer la lutte contre la perte d’autonomie.

Ce sujet est souvent évoqué à l’aurore de toutes les nouvelles consultations électorales, puis hélas sont le plus souvent remise aux calanques grecques après élections.

Outre le douloureux problème du pouvoir d’achat, des chômeurs, précarisés, salariés sans technicité, des seniors il serait temps d’avoir le courage de parler des financements de la dépendance.

MC