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[Avant d’acquiescer ou de rejeter, le nouveau mouvement que propose entre autres Glucksmann et quelques-uns, essayons de comprendre leur proposition, but et avenir qu’ils entendent mettre en place dans l’échiquier politique français. MC]

Le jeune mouvement politique lancé par l’intellectuel Raphaël Glucksmann tenait ce jeudi [15/11/2018] son premier meeting à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Un peu plus d’1h30 de discours. Quelque 700 personnes entassées dans la salle de la Marbrerie à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Deux fois plus de personnes n’auront pu rentrer, faute de place. Et déjà quelque 10.000 membres revendiqués, après moins de deux semaines d’existence. Voilà pour les chiffres. […]

[…]  sur scène la militante écolo Claire Nouvian, l’économiste Thomas Porcher, l’intellectuel Raphaël Glucksmann et les autres « porteurs de causes » engagés sur la démocratie participative, l’écologie, la vie démocratique.

Devant ce public conquis [en grande partie], ils ont redit leur volonté de construire « une maison commune » pour les « citoyens engagés ». […]

Face à eux, un petit échantillon de représentants des partis politiques de gauche […] qui prêtent une oreille attentive (et séduite) aux appels à l’unité de la gauche qui s’échappent de Place publique. Mais surtout, un parterre d’électeurs souvent déçus par l’état actuel de la gauche. Divisée, émiettée. […]

[…] Dans le public, des électeurs de Hamon, de Mélenchon, de Macron aussi. « Y a quelque chose dans ce mouvement, une émotion démocratique. Moi, ça me dépasse la logique des chefs de partis, chacun dans son coin », poursuit Marie, la quarantaine et travaillant dans les énergies renouvelables. […]

[…] Tous [attentifs], mais pas tous sans réserve. « Il y a des belles idées, moi ça me parle, mais qu’est-ce que ça va donner, comment ça se concrétise ? », s’interroge Marion, architecte de 24 ans. « Je ne savais pas à quoi m’attendre, ça a titillé ma curiosité… mais sur la suite ça reste flou », abonde Maxime un peu plus loin.

Raphaël Glucksmann le résumera lui-même à la fin de son discours. « C’est un défi immense, d’accord OK OK la mise vertigineux ». Une promesse. Mais encore beaucoup d’inconnues.


[Nous savons bien qu’il serait prématuré de tirer des conclusions hâtives sur les réelles propositions qu’acceptera de promouvoir Raphaël Glucksmann – toutefois sachant que sa compagne (Léa Salamé) de son côté, n’a jamais soutenu des propositions sociales, à peine sociales libérales, pourrait « faire glisser » le mouvement « place publique » dans le même sillon que le voulait Macron à son origine : ni de droite, ni de gauche, ni partie, ni organisation, qui à l’arrivée épouserait les thèses néolibérales. Faut-il extrapoler dans ce sens ?

Maintenant sur un plan organisationnel et en fonction des partis politiques incorporés et suivants un but identique, si le mouvement « place publique » fédérait les gauches éparpillées, peut-être – nous disons bien peut-être – que se formerait une coalition de gauche type Podemos ou Die Linke, capable d’amener une société beaucoup plus égalitaire et équitable, à voir le jour. C’est dans ce sens et celui-là seulement qu’il faudra regarder l’évolution de ce mouvement. Pour le moment, trop peu d’éléments sont versés à la connaissance de tous, pour donner un blanc-seing à une telle initiative. MC]


Quentin Laurent, Le Parisien – titre original : «Premier meeting de Place publique : « C’est tous les déçus de la gauche qui sont là » » – source (extrait).