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Aucun sondage ne les classera dans la colonne consacrée aux pauvres, puisqu’ils gagnent plus que le seuil « conventionnel de pauvreté », fixé à 1.100 euros par mois.

Ils ne font donc pas partie des 8 millions de pauvres officiellement recensés. Ils ne sont pas dans les statistiques, ils n’ont pas droit aux aides sociales pour pauvres. On les dit « de revenus modestes ».

Mais, pauvres, ils le sont.

Leurs fins de mois commenceront peut-être le 20 au lieu du 5 ou 10 du mois, mais au final ils sont impossibles à boucler.

La plupart sont contraints au même titre que les plus démunis de pousser la porte des permanences des associations caritatives et parmi elles, le Secours catholique, qui, dans son dernier rapport, a pointé ce phénomène : de plus en plus de Français peinent à joindre les deux bouts. Des retraités, des ménages âgés et sans enfants, des femmes seules, des mères isolées, des jeunes hommes seuls et peu éduqués, et aussi des étrangers en attente d’un titre de séjour, etc.

Des « chômeurs découragés »? Pas seulement.

Des gens qui naviguent d’un emploi précaire à un autre, des travailleurs pauvres, que les augmentations de loyer, d’énergie, de transport asphyxient.

C’est pourtant à toute cette classe de personnes à laquelle s’adresse Édouard Philippe en les enjoignant à changer leur chauffage, véhicule polluant, leur mode de consommation, etc.

Et qui, en plus, aux dires du gouvernement trouvent le moyen de se plaindre !


Article remanié par MC d’après un thème trouvé dans le Canard Enchainé – 17/11/2018