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Tout juste sorti de la séquence des perquisitions, voilà que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon doit faire face à une nouvelle attaque. Mais celle-ci vient de son propre camp.

Dans une tribune rendue publique hier, anciens candidats FI aux législatives et contributeurs du programme « L’avenir en commun » dressent un bilan sévère. « Le travail de fond est délaissé au profit d’opérations de communication, parfois dévastatrices. La FI souffre d’un grave problème de crédibilité et ne parviendra pas à briser le plafond de verre pour incarner l’alternative politique. Les groupes d’action constatent que le pouvoir est confisqué par une équipe d’animation et un comité électoral constitués sans transparence », regrettent les signataires.

Parmi eux, l’ancien député européen et coauteur du programme économique de la France insoumise Liêm Hoang Ngoc, mais aussi le syndicaliste d’Air France Mehdi Kemoune, la militante féministe Ninon Gillet, ou encore le sociologue Frédéric Pierru, rédacteur du livret santé de la FI.

Liêm Hoang Ngoc, qui avait déjà pris ses distances au début de l’été, se défend d’une revanche personnelle à la suite de son éviction des listes pour les européennes : « J’ai un travail, je suis économiste, je ne suis pas dépendant de la FI », rappelle-t-il. Et le « socialiste insoumis » ne mâche pas ses mots. « La communication de Sophia Chikirou a remplacé le beau projet politique qui avait mobilisé pendant la présidentielle, analyse-t-il. Le mouvement, qui promettait des innovations démocratiques, est entre les mains de trois personnes, les autres sont cantonnées à réciter le catéchisme dans les médias. »

Cette déception est-elle marginale au sein du mouvement ?

Le 21 octobre, plus de 200 militants s’étaient déjà rassemblés pour demander davantage de démocratie. Avec cette nouvelle initiative, c’est la stratégie politique qui est visée, qui « compromet la capacité de FI à rassembler toutes les bonnes volontés, individuelles ou organisées », dénoncent les signataires.

L’appel annonce la création d’un espace de débat (1), ayant vocation à « réfléchir aux modalités concrètes de la mise en œuvre de ce programme », car « la recomposition politique ne fait que commencer ». « Aux européennes, les listes de gauche vont s’entre-tuer ! » déplore Liêm Hoang Ngoc, qui en est persuadé : « Il y aura, avant la fin du quinquennat, un congrès d’Épinay de l’opposition à Macron. »

(1) http://preservonslavenirencommun.fr


Maud Vergnol – L’Humanité, titre original : «Gauche : D’ex-cadres de la FI prennent leurs distances – Source


Faut-il se réjouir de cette information, nous n’en sommes pas certains. Il semble bien qu’en même que cette démission du mouvement de « la France insoumise » (FI) souligne les difficultés que peuvent rencontrer les gauches pour une union avec Jean-Luc Mélenchon. Il fut un temps où le NPA d’Olivier Besancenot ayant le vent en poupe, souhaitait que la gauche se réunisse autour d’orientation avant tout révolutionnaire qui ne pouvait satisfaire les composantes de la gauche…

On connaît aujourd’hui le sort réservé aux NPA d’avoir voulu rester dans cette objectif. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a bien des similitudes avec l’autoritarisme d’Olivier Besancenot d’hier (certes avec la notion de révolution totale en moins, mais avec l’idolâtrie bonapartiste en plus) et n’oublions pas que c’est bien par défaut et l’anti Hollandisme incarnant un PS à côté de ses pompes, qu’un certain nombre d’électeurs de gauche lui ont apporté leur voix au premier tour de la présidentielle de 2017. MC