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Dans ces périodes les infos « tournent en boucle », sitôt envoyées portées aux bans des infamies ou complètement oubliées, il semblerait que le sujet du harcèlement franchit le stade du scoop temporaire pour qu’enfin des avancées soient trouvées en la matière, soient au niveau des mœurs populaire, soient par une législation et des dispositions adaptées

D’abord quelques propos sur le harcèlement.

Dire bonjour à la voisine qui pour se rendre a sa maison, est obligée de passer régulièrement devant ma porte ou mon jardinet, me semblait la moindre des civilités.

Pour autant celle-ci, femme seule d’un peu plus de la soixantaine, reste hautaine, quelques peu dédaigneuse, se gardant bien d’aucun mouvement, en un mot ignore mon bonjour.

Pourtant nouvelle venue dans ce quartier un peu isolé du reste du village qui ne comprend que cinq familles résidant à l’année, chacun jusqu’à peu encore, se saluaient, s’auto protégeaient et répondaient présents en cas de soucis particulier. La civilité rurale dans toute son expression, son attrait, recherchée par nombres de personnes ayant connues l’individualisme urbain.

Cette femme aurait-elle été influencé par la diffusion de toutes ces déclarations de stars sur le harcèlement, est-ce de la timidité, une peur viscérale de l’envahissement du voisinage … Voilà bien mes questionnement alors que jusque-là aucun de mes voisines ou voisins n’avaient cette attitude.

Il y a peu, alors que j’étais assis parfaitement invisible derrière la haie de mon jardinet côtoyant la route passante, la dite voisine dialoguait avec une personne visiblement de ses connaissance, en ses termes : « Tu vois, chaque fois que je passe devant cette maison, le proprio cherche à me parler, avec tout ce qu’on entend, tout ce qu’on lit, tous ces reportages sur le harcèlement, y a de quoi avoir peur, je me préserve, ça commence par une parole, pis si on répond, y’s croient l’droit d’ prendre des libertés, quelle honte j’aurais. »

Voilà qui éclaira ma lanterne aussi me suis-je promis de l’assurer lors notre prochaine rencontre que ce « bonjour » « n’est qu’une civilité, le reste de mon éducation d’un autre temps », signe de bon aloi et respect envers chaque humain.

Cela me rappelle une anecdote, … une conversation avec un de mes gendres

J’ai dit à ce gendre « Si tu sors comme ça costume et chemise neuf, c’est pour faire des malheurs auprès de la gente féminine », aussitôt je m’en suis voulu, me rappelant une discussion houleuse qui nous avait divisé sur le harcèlement, le respect, face à sa vision vis-à-vis de « celles qui font tout pour… Minijupe, string et encore … hauts talons, maquillage, et toute la laiterie dehors… ne cherche que ça … faut pas s’étonner si elles se font violer ! »

Toujours est-il que la réplique sur ma remarque, jaillit : « oui et ce n’est pas vous qui l’avez payé » …. Paf prends ça dans les dents … je n’ai pas compris la réplique, quelle mouche l’a piqué, mais sa femme, ma fille, m’a dit dans un demi sourire plein de connivences « tu ne vois pas que tu le harcèles, là…. l’est trop content avec sa nouvelle chemise et son costard de cadre nouveau riche … va pouvoir faire le beau et draguer la minette dans son entreprise ».

Houai, j’ai bien compris la leçon… qui n’en est pas une. Le paraitre n’est certainement pas pour aiguiser un type de harcèlement, non … mais il ne l’empêche pas !

MC


Dessin de Aurel – Le canard Enchainé 31/10/2018

Depuis six mois, la plateforme d’aide aux victimes est en rade ; faute d’un décret, la dizaine de policiers spécialement recrutés se tourne les pouces.

C’était l’une des mesures phares de la « loi contre les violences sexuelles et sexistes » annoncée par Macron en novembre : une plateforme numérique destinée à recueillir le témoignage des victimes et à les conseiller, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il y a du boulot : sur les 225.000 femmes battues ou violentées chaque année par leur conjoint ou leur ex, une sur cinq à peine saisit la justice…

Le 5 mars 2018, trois jours avant la Journée des femmes, Collomb promet que la fameuse plateforme va voir le jour « dans les toutes prochaines semaines ». En avril, dix poulets sont recrutés. Six mois plus tard, dans leurs locaux flambant neufs d’Élancourt (Yvelines), ils sont toujours sans emploi. Pour s’occuper, ils s’entraînent en jouant à tour de rôle le policier ou la victime…

La raison de ce retard ?

La Place Beauvau a bêtement oublié que tout recueil d’informations nominatives – susceptible, qui plus est, de nourrir des procédures judiciaires – nécessitait la rédaction d’un décret ad hoc et la saisie de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Tardivement mise au parfum, la Cnil a émis des réserves : le ministère de l’Intérieur a donc dû revoir sa copie, puis transmettre le décret enfin achevé au Conseil d’État. Celui-ci prenant son temps, la date d’inauguration (02/10/2018) a été repoussée sine die.

Comme si cela ne suffisait pas, la Place Beauvau, qui comptait pouvoir refourguer en un clic aux pandores les victimes habitant en zone gendarmerie, a découvert que la brigade numérique, censée s’acquitter de cette tâche, n’avait pas été conçue pour traiter des plaintes, mais uniquement pour renseigner les internautes.

Christophe Labbe– Le Canard Enchainé – 31/10/2018


Menacée, oubliée et tuée, faute d’attention

En janvier, la cour d’assises de Cahors jugera Jean-Paul Gouzou, 68 ans, pour l’assassinat de son épouse, Djeneba, qui en avait 36. Le 3 mars 2017, en treillis de chasse, il s’était planqué pour l’abattre de deux balles, destinées au grand gibier. « Je tire, mais (…), comme je ne veux pas qu’elle souffre quand même, je tire encore », a-t-il précisé en garde à vue. Cela faisait plus d’un an que Djeneba, terrorisée, vivait séparée de son mari ; gendarmerie et magistrats n’ont jamais pris ses alertes et ses plaintes au sérieux.

Ironie du sort : le crime a été commis alors que le 5e « plan de lutte contre les violences faites aux femmes » battait son plein, accompagné d’une palanquée d’annonces ! « Formation spéciale » des policiers et gendarmes, « écoute attentive » et « mise à l’abri » en urgence des victimes, « facilitation des condamnations » des hommes violents… Sans oublier l’information « systématique » des « autorités judiciaires » sur les « faits déclarés » et « un constat de preuve facilité »

Las ! Les gendarmes n’ont jamais fait appliquer l’interdiction de port d’armes de l’époux violent, qui continuait de se balader avec un fusil dans sa voiture, même quand ses trois jeunes enfants étaient là.

Coupable insouciance

La substitut du procureur de Cahors, elle, a envoyé paître ceux qui l’alertaient. Le 24 février 2017, quelques jours avant la mort de Djeneba, elle qualifiait leurs courriels de « fatras de doléances » qui « [n’avaient] pas à encombrer les boîtes à lettres fonctionnelles des magistrats » et les invitait à s’adresser aux… autorités compétentes. Quel flair !

Le procès à venir durera un jour et demi : pas le temps d’examiner les carences du système… A l’exception d’une amie, les proches de Djeneba ne sont même pas cités à témoigner. Faudrait pas qu’ils aient une opinion sur la désinvolture de certains…

Avocate de la Fédération nationale solidarité femmes, partie civile, Anne Bouillon évoque « un procès emblématique des carences du système judiciaire. Djeneba avait appelé à l’aide, tiré toutes les sonnettes possibles, ses amis et ses voisins aussi, mais l’institution a fermé les yeux, et des femmes continuent de mourir sous les coups de leur compagnon ». Une tous les trois jours en France…

Les photos montrent une Djeneba au sourire éclatant. Vétérinaire venue du Mali, elle avait aidé son mari, agriculteur. Après leur séparation, elle avait repris, seule, une partie de l’exploitation. Elle devait retourner dans son pays présenter ses enfants et son nouveau compagnon à sa famille.

Gouzou, qui y était opposé, a expliqué aux enquêteurs : « Seul son décès pouvait tout arrêter. J’ai donc décidé de mettre fin à sa vie. »

Cette fois, gendarmes et justice ont écouté…


Dominique Simonnot – Le Canard Enchainé – 31/10/2018