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Faut-il se fier à ces sondages organisés à l’aune d’une actualité récente ? La Com’ Élyséenne et quelques médias on-ils la volonté d’ « abattre » un concurrent sérieux et son mouvement, avant les élections européennes ou est-ce une répulsion bien plus profonde provenant de l’électorat, envers ce mouvement ? MC

Ce n’est pas trois points qu’il perd. Mais neuf. Dans le baromètre Kantar-Sofres-Figaro Magazine de novembre, il n’a plus qu’une cote d’avenir de 21 %. Neuf points perdus en un mois, treize en deux mois. Jean-Luc Mélenchon était la deuxième personnalité préférée des Français, derrière Nicolas Hulot et devant Alain Juppé. Le voici relégué à la huitième place.

Pour le leader de La France insoumise […] « Les sondages et les micros-trottoirs sont un aspect de la réalité. Ils comptent, cela va de soi ». Mélenchon […] sait que les dégâts de la séquence perquisition sont lourds pour lui. Peut-il rebondir? Lui-même et ses proches ont suffisamment proclamé que le fil était rompu entre Emmanuel Macron et les Français pour ne pas s’interroger sur sa propre capacité à se relever d’une chute inédite dans les sondages.

Les cadres de LFI veulent croire que loin d’avoir été déstabilisé, le noyau dur des militants est ressoudé autour d’un chef qu’il estime injustement attaqué, et renforcé dans sa conviction d’être victimes d’un complot monté par le pouvoir et ses relais. Peut-être. Mais précisément, le risque pour Mélenchon est de se replier sur ce seul noyau dur.

Or, la dynamique espérée par le député des Bouches-du-Rhône repose sur trois cercles.

  • Le premier est constitué par ce noyau dur, celui qui était avec lui dès la présidentielle de 2012 (11,1 % des voix). Mélenchon la colère convient à cet électorat […] . La brutalité des images ne le choque pas.
  • Le deuxième cercle représente le double du premier. Ce sont ces près de 20 % de Français qui ont voté pour lui en 2017. […]  … le chef de La France insoumise avait prouvé [lors de la présidentielle 2007] sa capacité à élargir son assise initiale. Or, c’est dans ces électeurs de premier tour de 2017 que le trouble est élevé et la déception forte.
  • Mais les excès de sa colère mettent surtout en péril son accès au troisième cercle, celui qui embrasse l’ensemble des électeurs de gauche. […]

Ce crédit devait lui permettre de susciter un réflexe de vote utile à gauche. Il devait aider Jean-Luc Mélenchon à se poser en seul pôle de rassemblement possible à gauche. Or c’est auprès de ces électeurs-là qu’il s’effondre le plus.


Guillaume Tabard, Le Figaro – Titre original : « Mélenchon, une capacité à rassembler sévèrement abîmée » – Source (Extrait)