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Il y a 70 ans, était une jeunesse, drivée par la solidarité issue de la résistance des aînés, de la famille, portant lourdement parfois, inconsciemment pour certains, les stigmates de la 2e guerre mondiale, ayant supporté les contingences et diverses restrictions alimentaires.

Cette jeunesse n’entendaient ni se quereller de façon durable, ni s’étriper en de sanglantes batailles rangées pour des possessions de territoires. Drogues, rackets, vols, viols, étaient méconnues et surtout personne ne se permettait de remettre en question ni l’autorité des enseignants (en majorité des hommes saufs dans les petites classes) ni l’autorité parentale.

Nous recevions peu de temps avant la rentrée scolaire, une blouse grise, un cartable de carton bouilli, une paire de galoches à la semelle en bois, auxquels il fallait ajouter un réseau de caoutchouc pour ne pas glisser les jours de pluie ou neige. Les bâtiments scolaires comme les cours de récréation, classes et préaux étaient différents entre la maternelle, filles et garçons.

Cette disposition dissuadait le caïdat, certes parfois lors des récréations, quelques échanges de coup de poings mais le plus souvent cela se traduisait uniquement par des invectives orales. À l’issue des journées scolaires et congés, les quelques échanges entre bandes de quartiers relevaient le plus souvent du « jeu de la guerre des boutons ».

Quelques années après, le service militaire obligatoire, à la durée allongée (passant de 24 a 36 mois et plus), à cause des événements qui s’appelaient alors « opérations de police » dans le département algérien, (aujourd’hui reconnue comme la guerre d’Algérie), consolida si besoin était, la solidarité entre appelés contre et a cause de la rectitude du service militaire, affirmant le respect d’autrui. Malgré la fin de la guerre d’Indochine puis la guerre d’Algérie l’économie française était florissante, les entreprises recrutaient et qu’importe les nationalités du moment que le travail était réalisé.

Mai 68, amena des avancées syndicales indéniables, mais les contreparties ne se firent pas attendre et le libéralisme économique pris la décision de facilité l’accès au crédit à la consommation.

Aujourd’hui le crédit est souvent une entrave majeur aux revendications due à l’asservissement des emprunteurs. L’Europe, les délocalisations, la robotisation, divers articles de loi sur le travail, ont produit les conditions d’embauches précaires, desservant un peu plus les salariés, augmentant le chômage, contribuant à un pouvoir d’achat diminué.

La jeunesse d’aujourd’hui ballottée entre des familles déconsidérées par le chômage, entassée dans des concentrations d’immeubles favorisant incivilité, la ghettoïsation, l’avènement du communautarisme d’un côté, de l’autre rejetée de l’emploi par des entreprises délaissant la production aux profits d’une thésaurisation bancaire, et dans le même temps se repend la vision d’un luxe a porté de mains, habillement de marques, voitures haut de gamme, résidences démesurées, etc.

Enfin déplorons qu’au nom des restrictions financière dictées par Bruxelles, ce gouvernement fasse grand cas de réussites culturelles ou sportives de quelques-uns et dans le même temps, supprime toutes aides aux personnes embauchées au titre de l‘aide sociale là dans ces lieux à problèmes.

Cette réflexion n’est sans doute qu’une infime partie analysant le phénomène ayant mené à une société ou l’incivilité, le manque de respect le plus élémentaire est régnant dans les collèges et lycées. Ils ne sauraient dédouaner les auteurs des méfaits récents qui se sont produits dans les lieux d’enseignements. Énoncer un constat est une chose, vouloir en chercher et résoudre la cause, est une autre. MC


À l’issue d’un comité stratégique, vendredi 26 octobre [2018], réunissant Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, Nicole Belloubet, la ministre de la justice, et Laurent Nuñez, -secrétaire d’État à l’intérieur, il a avancé l’idée de faire entrer la police dans les établissements, entre autres mesures évoquées pour tenter d’apaiser la crise qui secoue la communauté éducative depuis une semaine.

La vidéo d’une enseignante, braquée avec une arme factice par son élève, dans un lycée de Créteil, a déclenché une vague de témoignages d’enseignants victimes de violence. […]

[…] La présence d’un « policier référent » a été expérimentée dans cinquante-trois établissements prioritaires des Hauts-de-Seine en 2006, sous l’impulsion du conseil général alors dirigé par Nicolas Sarkozy. Mais elle a cessé après quelques années : « Il y avait des moments où les policiers n’avaient rien à faire et en même temps les incidents survenaient en dehors de leurs heures », constate la sociologue.

L’idée de faire venir des forces de l’ordre dans un but préventif n’est donc pas nouvelle. « L’école n’est pas une maison de redressement, mais un lieu d’apprentissage, a également réagi la fédération de parents d’élèves FCPE. Ce n’est pas en plaçant un policier derrière chaque enseignant que l’on règlera un problème grandissant ». […]

[…] … selon plusieurs études, dont une menée en 2014 sur un panel de collèges des Bouches-du-Rhône, à laquelle a participé le sociologue Sebastian Roché. « Dans un endroit où la police est mal acceptée, ce qui est le cas dans la majorité des établissements -défavorisés, l’intervention d’un -policier va poser d’autres problèmes », prédit-il. Et ces problèmes supplémentaires, précisément, les enseignants n’en veulent pas. […]

[…] Les situations semblent s’améliorer quand on agit sur le cadre de la vie collective. Pourquoi alors ne pas remettre au goût du jour les médiateurs, ces personnes payées par la municipalité, qui se rendaient chez les parents des décrocheurs et pouvaient sentir monter, quand elle arrivait, la prochaine bagarre ? […]


Violaine Morin, Le Monde- Titre original : « La présence de policiers dans les collèges et lycées rejetée par les profs » – Source (extrait)