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 Oui je sais encore une sélection d’infos qui « tapent » encore et encore sur ce gouvernement sans apporter de solution à cette société libérale et peut-être, -je dis bien peut-être- que ce n’est pas de cette façon que sera résolue le problème des abstentionnistes à chaque élections qui désorganisent les élections, notamment celles qui se profilent : Les européennes 2019 et Les Municipales 2020. Mais le temps viendra ou les programmes seront connus et que nous nous chargerons de les commenter. MC

L’amer Philippe

Après son bras de fer de deux semaines avec Macron, Édouard Philippe n’est pas vraiment sa­tisfait du remaniement. Il est même « amer », selon l’un de ses proches.

  1. Premier sujet de mécontentement pour le Premier ministre : il voulait un tandem Frédéric Péchenard-Gérald Darmanin à l’Intérieur. Macron a imposé la paire Castaner-Nuñez. Avec le soutien de Bayrou, qui ne voulait pas d’un sarkozyste Place Beauvau.
  2. L’importance prise par Bayrou dans ce remaniement constitue d’ailleurs un second motif de mauvaise humeur pour Philippe. Le Béarnais a réussi à imposer Jacqueline Gourault à la tête d’un grand ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, ainsi qu’un autre de ses proches, Marc Fresneau, aux Relations avec le Parlement, avec rang de ministre.

D’où ce commentaire de Philippe, devant les membres de son cabinet :

« Bayrou commence à m’agacer sérieusement. Il donne des leçons en permanence, mais, le fond de sa pensée, c’est : « Tout serait mieux si j’étais à Matignon.»».

Il a visiblement du mal à comprendre, Philippe, que le rôle d’un Premier ministre c’est d’être « un majordome de luxe », comme l’a écrit le constitutionnaliste Dominique Chagnollaud.

L’Élysée flingué

Signe que l’ambiance change au sommet de l’exécutif, la séance qui s’est tenue à huis clos le 19 octobre dans les locaux de l’École militaire, à Paris.

Devant les auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale et ceux de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, Édouard Philipe a réglé son compte à Alexandre Benalla. Et, indirectement, à son ancien patron.

Jusqu’à présent, le Premier ministre s’était efforcé de voler au secours du Président. Face aux parlementaires comme dans les médias, il parlait d’« une dérive individuelle ». Mais, loin des oreilles de l’Élysée, il a fait remarquer que lui-même ne reconnaissait comme légitimes que « les seuls agents qui détiennent l’autorité et la force publiques » et dont « le respect inconditionnel des personnes doit constituer leur façon d’être ».

Suivez son regard…

La taxe de la discorde

Parmi les sujets de, friction entre Macron et Philippe, l’augmentation (ou pas) du FCTVA, ce fonds de compensation que l’État verse aux régions en fonction de la hausse des recettes de la TVA qui leur est affectée.

Dans son article 26, le projet de budget 2019 revenait sur cette disposition. D’où un « grimpage » aux rideaux d’Hervé Morin, le président de l’association Régions de France, qui est allé voir Macron pour lui demander la suppression de cet article. Lequel Macron lui a donné son accord, lors d’un déjeuner, le 16 octobre, au grand dam de Philippe.

Le Premier ministre et son ministre du Budget, qui avaient déjà outrepassé un premier oukase présidentiel sur le sujet, ont dû, cette fois, obtempérer et rétropédaler en urgence lors du débat budgétaire à l’Assemblée.

Non mais, c’est qui, le patron ?

Plus vert que jamais

Le Premier ministre a poursuivi son numéro de petit chef mardi matin, lors du petit déjeuner de la majorité. Au menu : la question de la fiscalité sur les automobiles.

« J’ai fait le choix de la fiscalité écologique, a-t-il déclaré, et il faut aller jusqu’au bout. Il faut s’y tenir, c’est comme ça. On ne peut pas dire à la fois, depuis que Hulot est parti, qu’on veut avancer sur l’environnement et expliquer qu’il ne faut pas de fiscalité écologique. Il faut donc avancer en même temps sur les alternatives — moteurs électriques, hybrides et transports en commun—, car, à court terme, tout le monde voit bien les difficultés dans les zones où il y a peu de transports collectifs. »

Quel homme de terrain !

La faute à Collomb

« Il faut que l’on communique mieux » : c’est par ces mots qu’Édouard Philippe a ouvert le séminaire du gouvernement nouvelle version, convoqué le 17 octobre, en fin de journée, dans les locaux de l’école Cuisine Mode d’emploi(s), centre de formation du chef étoilé Thierry Marx dans le XXe arrondissement de Paris.

Et Philippe de poursuivre : « Les ennuis ont commencé quand Collomb a répondu « joker » lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait de la réduction de la vitesse à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparation. Ce qui a été ensuite largement repris par la presse et a provoqué une polémique dont on aurait pu se passer. »

Aussi, le samedi 20 octobre, le nouveau ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, faisait-il un déplacement en Vendée… où il a pris la défense des 80 km/h.

Comme quoi Castaner apprend très vite.

La com’ version Griveaux

« Il faut que chaque ministre ait un compte Twitter » : c’est le conseil de com’ donné par Benjamin Griveaux à ses collègues, lors du séminaire gouvernemental du 17 octobre. Et le même Griveaux d’ajouter : « Je crois que tous les ministres n’en ont pas. C’est utile, notamment pour relayer les discours du Président, comme celui d’hier. J’ai vu que certains ne l’ont pas fait. »

Autre conseil de Griveaux : « Il faudrait que, lorsque vous allez à une émission, vous parliez, bien entendu, de votre domaine de compétence, mais aussi que systématiquement vous parliez d’un autre ministre. »

Par exemple de Benjamin Griveaux.

« Team building »

Ce même séminaire gouvernemental a aussi permis au Premier ministre de se pousser du col.

« Vous savez, le Président et moi, nous nous parlons, a-t-il lancé à ses ministres. N’essayez donc pas de jouer l’un contre l’autre. Ça pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Mais ni pour lui ni pour moi. »

Avant de lancer un second avertissement : « Arrêtez de considérer les ministres du Budget comme vos ennemis. Ce ne sont pas des technocrates. Vous avez à Bercy deux mecs, Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, qui font le job. Ce sont deux animaux politiques, très complémentaires, en qui j’ai une totale confiance. Évitez, là aussi, de jouer l’un contre l’autre… »

À part ça, les ministres ont un très bon esprit.

La gauche insoumise

C’est la conséquence directe du spectacle trumpien donné par le Chavez français : ses adversaires à gauche réfléchissent déjà à l’après-Mélenchon !

« Il a perdu toute crédibilité pour 2022,  le point de non-retour est atteint », a expliqué le communiste Ian Brossat devant ses camarades de la Place du Colonel-Fabien.

Débriefing de Benoît Hamon auprès de ses amis de Génération.s : « Par son comportement, il joue sur les peurs des classes populaires et apporte encore des voix à Marine Le Pen. »

Quant à l’intellectuel Raphaël Glucksmann, nouvel acteur du débat politique, il en est convaincu : « Mélenchon empêche une gauche intelligente d’émerger. » Avec ou sans Glucksmann, la gauche la plus bête du monde a encore quelques beaux jours devant elle…

Avé l’assent

La scène où Mélenchon répond à une journaliste de France 3 en se moquant de son accent a beaucoup inspiré le chef de l’État. Il s’est même amusé à prendre l’accent de Marseille devant ses collaborateurs pour moquer son meilleur adversaire : « Il a fait une belle cagade, comme disent les gens qui ont un accent à Marseille, et que j’aime tant. » Un peu comme le jour où Macron est allé saluer Mélenchon à la terrasse d’un bistrot, sur le Vieux-Port, et que l’Insoumis s’est soudain montré tout respectueux…

Le test d’Évry

Après la séquence des perquisitions, puis l’offensive de Mélenchon contre les juges, la police, les médias, etc., les Insoumis vont subir un premier test électoral. Une élection législative partielle est en effet programmée les 18 et 25 novembre dans la e circonscription de l’Essonne pour trouver un successeur à Manuel Valls.

Face au maire actuel d’Évry, Francis Chouat (ex-PS), qui a le soutien de La République en marche et de l’ensemble des maires de la circo, la candidate Insoumise Farida Amrani va retenter sa chance, après n’avoir été battue par l’ancien Premier ministre que de 139 voix en juin 2017. Sans doute des voix de juges, de policiers et de journalistes aux ordres du pouvoir…

Surveillance chiffrée

La députée LRM du Bas-Rhin Martine Wonner, vice-présidente de la commission des Affaires sociales, a fait fort, le 17 octobre. Elle a même remporté un franc succès auprès de ses collègues en leur annonçant… qu’ils allaient être fichés.

L’un de ses collaborateurs, leur a-t-elle indiqué, va tenir pour chaque député LRM de la commission un fichier afin de comptabiliser le nombre de leurs prises de parole, d’amendements qu’ils ont déposés et votés, la durée de leurs interventions, et tutti quanti.

« L’année du RGPD ! C’est le pompon ! s’indigne auprès du « Canard » l’un des fichés en puissance. Et elle paie un collaborateur pour faire ça ! »

Peut-être que le brillant exemple donné par Pascal Pavageau à FO aura inspiré cette parlementaire consciencieuse…

Alliance contre nature

« Libertés et territoires ». C’est le nom du 8e groupe créé à l’Assemblée la semaine dernière par 16 députés. Un attelage baroque, composé aussi bien de députés centristes ayant quitté le groupe UDI, Agir et Indépendants que d’anciens macronistes et socialistes, sans oublier des radicaux et les trois élus nationalistes corses de l’Assemblée.

Justement, les militants nationalistes locaux seront ravis d’apprendre que « leurs » représentants sont désormais liés à un député centriste, Charles de Courson, qui, depuis vingt ans, prend un malin plaisir à s’attaquer à la Corse et à ses avantages fiscaux.

Après avoir fait voter, en 1998, un amendement s’attaquant aux « arrêtés Miot », qui permettaient à la Corse de bénéficier d’un statut dérogatoire en matière de droits de succession, Courson a fait voter, en 2016, la suppression de deux autres avantages fiscaux réservés aux insulaires. Au micro de RTL (13/9/16), le député expliquait alors : « Il n’y a pas de Corse, il y a des citoyens français qui habitent en Corse (…). »

Un avis sûrement partagé par Jean-Guy Talamoni…


Article non signé – Le Canard Enchainé – 24/10/2018