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Nous vous l’avions laissé entendre … la macronie se barre en C …………. MC

Les propos ne laissent aucun doute et émanent d’une éminence macronienne. Ils sont révélateurs du climat de méfiance qui, depuis quelques semaines, s’est installé entre l’Élysée et Matignon : « L’irritabilité d’Édouard Philippe, son intransigeance lors des arbitrages budgétaires et la dureté des membres de son cabinet font que tout se tend partout. »

Et le même de révéler un chapitre inconnu de l’histoire du dernier remaniement. Macron souhaitait que son Premier ministre prononce une déclaration de politique générale devant l’Assemblée.

Deux formules lui avaient même été proposées par le chef de l’Etat : une déclaration avec engagement de responsabilité du gouvernement, en vertu de l’article 49 alinéa 1 de la Constitution, ou sans vote, cette fois en vertu de l’article 50 alinéa 1.

Pour justifier son refus, Édouard Philippe a avancé cette explication : « J’aurai moins de voix qu’en juin 2017, car les socialistes et les UDI, qui s’étaient alors abstenus, voteront contre. Donc, si nous choisissons une déclaration sans vote, nos opposants et les journalistes diront que j’ai peur d’un vote et, s’il y a un vote, je vais perdre des plumes, et les mêmes vont en faire des gorges chaudes. » Une justification qui a inspiré ce commentaire au même confident : « Une nouvelle fois, le Premier ministre cherche à se protéger et surtout à ne pas s’exposer ».

A ce « refus de l’obstacle », pour reprendre la formule de ce macroniste de choc, s’ajoutent quelques épisodes détaillés ci-dessous : le souhait de Philippe de nommer l’un de ses proches au ministère de l’Intérieur, ses réticences à accepter les décisions budgétaires du chef de l’État, par exemple pour les régions, ou encore son refus de prendre en compte l’exaspération des automobilistes au sujet des 80 km/h et de la flambée des taxes sur l’essence.

Mais il y a pire : Édouard Philippe s’applique depuis quelques semaines à cultiver ses relations avec de grands patrons. Il a ainsi récemment dîné avec celui de Carrefour, Alexandre Bompard, dont l’épouse est sa conseillère justice à Matignon, et François-Henri Pinault, le PDG de Kering.

Comme s’il n’avait pas encore compris que la fréquentation des gens de la haute était un privilège exclusif de Brigitte et Emmanuel.

Article non signé Le Canard Enchainé 24/10/2018