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Entre l’interdiction à terme des « diesels », la réduction de la vitesse sur les routes,  les obligations de contrôles techniques, le coût d’entretien et de réparations, l’augmentation constantes des carburants et des assurances automobiles, alors qu’est plus qu’envisagé les péages à l’entrée des métropoles, le prix horaire des stationnements ou des parkings, le coût d’achat des véhicules, les péages d’autoroutes, l’augmentation des « pass métro » et la privatisation des TER, la saturation des transports en commun urbain comme ruraux, non seulement le coût trajet Domicile-Travail-Domicile (souvent multiple) devient un budget très important pour un couple actif mais impute le budget loisir de fait.

Où va-t-on ? car en posant la question des coûts des transports (s’additionnant à celui des logements ou lieux de résidences) c’est directement l’impact sur les budgets qu’il s’agit. Outre la non revalorisation des salaires et pensions, le pouvoir d’achat réel en baisse, c’est de notre avenir et ceux de nos enfants qu’il s’agit. MC

Plus qu’à la vitesse, nous aspirons désormais à la fluidité dans nos mobilités. Une transition écologique des mentalités est en cours. Entre vélo et véhicule autonome, l’esquisse des possibles. « Prenez une feuille blanche et dessinez le véhicule du futur dont vous serez un jour le propriétaire. Vous avez dix minutes ! »

Avec cette consigne, un enseignant des années 1960 obtenait une belle collecte d’engins volants, inspirés par les débuts de la conquête spatiale.

Aujourd’hui, un gamin bien informé pourrait dessiner un vélo ! Ou rendre une feuille blanche, parce que le futur de la mobilité, c’est peut-être le partage plus que la propriété. En revanche, le taxi-drone volant stimulera moins sa créativité, car il a vu sur internet les engins que la compagnie chinoise Ehang fabrique déjà…

En cinquante ans, que de changements!

Ils sont profondément sociétaux: notre lieu de travail s’est peu à peu éloigné de nos habitations et la démocratisation de la voiture individuelle a accompagné cette révolution. Mais on ne passe pas de 5 à 34 millions (1) de véhicules particuliers sans conséquences. Surtout quand, simultanément, les emplois se concentrent dans les villes et les métropoles.

Malgré l’énorme développement des transports en commun, nos voies de circulation sont saturées. Avec des vies marquées par des mobilités contraintes: « À Paris, je dois prendre le métro pour aller travailler, car ce serait plus lent en voiture, sauf l’été, raconte Liane, adhérente à une mutuelle d’assurance. Mais, sur les lignes 10 et 13, pas un jour ne passe sans incident, et j’ai alors 1h 50 de trajet, debout pendant au moins la moitié du temps. »

La situation est critique. « Notre santé physique et psychologique, notre vie sociale, notre porte-monnaie et notre planète ont besoin de beaucoup moins Fie voitures », résume Didier, sociétaire d’une assurance. Moins de voitures polluantes surtout, car les citadins sont asphyxiés par des réseaux saturés, pendant que les ruraux accumulent les kilomètres pour accéder à des services ou des emplois qui s’éloignent d’eux. Une France des mobilités à deux vitesses.

La mobilité, une compétence

Mais il y a de bonnes raisons de croire au changement. La prise de conscience est manifeste, avec une volonté de trouver des solutions, portée par les politiques publiques et des initiatives privées. Ce qui est nouveau, c’est qu’à l’échelle individuelle, la mobilité est devenue une compétence. Georges Amor, Prospectiviste (2), explique que le paradigme classique du transport était centré sur l’efficacité de la gestion des flux de voyageurs, relativement uniformes et passifs: « Le nouveau paradigme, celui de « la mobilité pour tous et chacun sa mobilité », y introduit l’individu, la personne mobile, multimodale et communicante, coconceptrice et coproductrice de sa propre mobilité. » Même si la possession d’une voiture individuelle reste la norme, la pratique de cette « La mobilité pour tous, et chacun sa mobilité » multimodalité connectée s’installe dans nos habitudes.

Il faut encourager, accompagner, utiliser cette révolution des mobilités avec des offres adaptées à la diversité des usages: Travelcar (autopartage), Klaxit (covoiturage domicile-travail), Wheeliz (autopartage pour personnes en situation de handicap), Zenpark (parkings partagés), Samboat et Yescapa (mobilités de loisirs), Pop Valet (service de voituriers)… Des services précieux pour ceux que l’Ademe (3) a qualifiés de « néomobiles » « Caractérisés par l’usage assidu de l’ensemble des formes de mobilités émergentes, les néomobiles constituent le groupe le plus agile dans sa mobilité, naviguant à travers l’ensemble des offres disponibles. »

Il y aura nécessité d’adapter le code de la route

D’abord les assureurs doivent anticiper l’usage croissant d’un véhicule partagé, mais il devra aussi prendre en compte l’émergence de mobilités nouvelles susceptibles de créer des risques jusqu’alors inconnus. L’arrivée sur nos routes de véhicules de plus en plus autonomes et communicants est une source d’incertitudes et la promesse de plus de sécurité pour les usagers. Même si le véhicule complètement autonome (de niveau 5) n’est pas pour demain, il faut se préparer à partager la route avec des voitures pas comme les autres. La mission présidée par Cédric Villani (4) a déjà demandé une adaptation du code de la route pour autoriser, « à compter de 2022, des fonctions d’autonomie de niveau 3 (le conducteur ne surveille pas le système, mais il est prêt à prendre le contrôle, si besoin); à compter de 2028, des fonctions d’autonomie de niveau 4 (pas besoin de conducteur pour certains cas d’usage) ».

Une adaptation du code de la route est aussi attendue pour encadrer un autre phénomène de société, celui des nouveaux véhicules électriques personnels: trottinettes, gyroskates, gyroroues… « Ces solutions ont du succès parce que le système vélo est parfois défaillant: quand vous ne pouvez pas garer votre bicyclette dans une gare, une trottinette s’embarque plus facilement », constate Véronique Michaud, secrétaire générale du Club des villes et territoires cyclables.

Nous sommes pour une évolution réglementaire: donnons à certains de ces nouveaux véhicules la possibilité d’accéder aux aménagements cyclables. Ils y sont déjà et ce sera mieux que les trottoirs! « C’est anormal que ces engins – qui peuvent être très lourds et monter à 40 km/h – les partagent avec les piétons. »


  1. 4919 000 voitures « particulières et commerciales » en 1960 en France (Économie et statistique, n° 16, octobre 1970), 34100000 voitures détenues ou mises à disposition des ménages en 2015.
  2. L’Homo mobilis, Une civilisation du mouvement, de Georges Amor, éditions FYP.
  3. L’Observatoire des mobilités émergentes, étude de l’Ademe, mai 2017
  4. Donner un sens à l’intelligence artificielle, de Cédric Villani.