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Si la rencontre multilatérale sur la réforme des retraites avait levé quelques doutes sur les arbitrages du gouvernement, la prestation de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn ce dimanche au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI est encore plus explicite quant à la volonté de reculer une nouvelle fois l’âge de la retraite de 62 à 63 ans.

La nouveauté si l’on peut dire, c’est d’abord le « story telling » et les éléments de langage déployés par le gouvernement qui veut nous faire oublier que la notion d’âge légal de la retraite comporte deux aspects : une borne d’âge ET un taux plein de pension.

La subtilité gouvernementale c’est de nous faire oublier le taux plein pour gagner prétendument plus de liberté. Ah cette fameuse liberté de choisir son destin ! La liberté de se tirer une balle dans le pied plutôt.

En réalité cette réforme sera bel et bien encore une modification des curseurs de plus, mais cette fois conjuguée à la transformation du système en un régime unique par points. Il faudra travailler un an de plus sans en attendre de gain substantiel puisque désormais le calcul de la retraite se ferait sur l’ensemble de la carrière tant pour les salariés du privé (initialement sur 25 meilleures années) que pour les agents de la fonction publique (initialement les 6 derniers mois).

Travailler un an de plus pour ne pas être pénalisé durablement dans son niveau de vie. Tel est le modèle que le gouvernement veut imposer.

La nouveauté, si tant est que cela en soit une, c’est la méthode choisie pour y parvenir. « Le seul engagement qui a été pris, c’est que l’âge de 62 ans restera l’âge minimal de départ. Après, tout le reste est en discussion avec les partenaires sociaux », a affirmé la ministre ce dimanche. Autrement dit, la balle serait dans le camp des syndicats et du patronat à qui l’on refile la patate chaude avec l’objectif « d’arriver à un consensus ». Encore une fois, le gouvernement fixe le cap et le cadre. Il appartient aux corps intermédiaires de s’y conformer.

C’est la raison pour laquelle retraités ou salariés (quel que soit leur âge) doivent se saisir pleinement de cette question afin de créer un rapport de forces pour ne pas perdre cette norme sociale importante qu’est l’âge de la retraite à taux plein.


Texte syndical – Lu sur le blog Médiapart – Source