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Depuis mai 2017 ils roulaient d’un bord à l’autre entre les « ni » suivant aveuglement les ordres de Jupiter. Oui mais comment répondre demain à leurs électeurs de plus en plus écœurés des manœuvres et turpitudes Élyséennes. Aujourd’hui les élus se retrouvent cernés dans leurs propres pièges et ce n’est par leur dernier colloque, chargé de trouver une idéologie autour du mot «progressisme (1)» qui, selon les échos de la presse présente, leurs aura donné des réponses. MC

Selon Médiapart

LREM y a réuni pour l’occasion son conseil composé de 200 « marcheurs » (référents et militants tirés au sort…), de 45 élus locaux, de députés et membres du gouvernement. Officiellement, plus de 500 personnes ont assisté à l’événement. Selon une source interne, l’affluence se chiffrerait plutôt autour de 350 à 400 personnes, nombre de députés n’ayant pas fait le déplacement.

Entre les espaces consacrés aux quatre ateliers, hâtivement isolés par de grands draps noirs, et celui dévolu aux discours où s’alignaient les chaises autour d’une petite scène immaculée, un grand vide subsistait donc, laissant entrevoir comme un no man’s land à combler. C’était bien là l’enjeu du week-end : combler le vide idéologique en travaillant enfin sur un corps doctrinal que LREM intitule désormais « le progressisme » ; combler le vide entre la tête du mouvement – le bureau exécutif et le siège – et les militants de terrain dont beaucoup s’exaspèrent encore du manque d’écoute et de démocratie ; combler le vide, enfin, laissé par Christophe Castaner, démissionnaire après sa nomination comme ministre de l’intérieur, et remplacé pour un intérim de six semaines par Philippe Grangeon, proche d’Emmanuel Macron et qui se revendique lui-même de gauche.

  • Selon Philippe Grangeon, « pour LREM, il faut donner une colonne vertébrale idéologique […], nécessaire parce que nous sommes en responsabilité. C’est la première étape d’un travail de longue haleine ».

Difficile de ne pas entendre en creux le dénuement de la pensée macronienne après un an d’exercice du pouvoir… Le délégué général par intérim a donc osé le mot « idéologie », provoquant des bruissements dans la salle où les militants ne sont guère habitués à un mot honni durant la campagne présidentielle qui vantait « pragmatisme » et « efficacité » face aux dogmes de l’ancien monde.

[Apparemment malgré la succession d’intervenant l’ « idéologie » (plutôt la feuille de route) reste à définir] Citons :

Monique Canto-Sperber proclamant de façon intrigante que le progressisme est la « volonté d’imaginer qu’on pourra aller vers un peu plus de lumière ». […]

Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde, qui revenait de manière concrète « sur les difficultés des personnes en situation de grande pauvreté et pour qui il convient d’intervenir » […]

Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, qui lançait de manière énigmatique que « le progressisme est une innovation régulée par le champ politique, un changement voulu et consenti » […]

Des niveaux de lecture qui ont de quoi décontenancer les militants. […] Pourtant, « les marcheurs sont dans l’attente de ça », veut croire Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Comme ils sont en demande de revenir à la promesse initiale d’horizontalité dans le mouvement, d’écoute et de prise en compte de leur parole.

Certains militants déçus avaient confié à Médiapart leur désarroi face à la direction du mouvement. Telle Thérèse (pseudonyme) : « Le seul espace pour discuter aujourd’hui, ce sont les boucles Telegram », confiait cette militante parisienne qui, souriant par avance de son jeu de mots, disait de son mouvement « ne pas comprendre comment ça marche ».


Manuel Jardinaud, Médiapart, Titre original : « A Paris, les marcheurs s’attellent à combler leur vide idéologique » Source (Extrait très partiel)


Selon Le Figaro

La République en marche est dans le creux de la vague. Les militants sont démobilisés depuis les élections de 2017, l’affaire Benalla, puis la rentrée calamiteuse. Tous les éléments ont fait beaucoup de mal au jeune mouvement présidentiel, lequel souffrait déjà d’une certaine désorganisation et d’un manque de structuration. La nomination de Christophe Castaner à Beauvau ajoute une difficulté aux Marcheurs. C’est dans ce contexte que des colloques eurent lieux dont celui de la porte de la Villette (Paris, XIXe),

LaREM a jeté les bases d’une vaste réflexion autour de la définition du progressisme, pour construire sa ligne politique, encore indéterminée dix-huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron.

  • « Aujourd’hui, on considère que nos enfants vivront moins bien que nous, il faut apporter des réponses pour retrouver la promesse initiale. Le macronisme, ce n’est pas que du pragmatisme », a décrit Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, présent au conseil.
  • « On va essayer de ne pas ressembler à ceux qui se sont fait virer il y a quelques mois », a argué de son côté Jean-Marc Borello, […] érigeant Les Républicains et le Parti socialiste en antimodèles.
  • Christophe Castaner, qui a prononcé ses deux derniers discours en tant que chef du parti, a lui plaidé pour un retour à la « conception initiale de la gauche sociale et du libéralisme » pour bâtir le socle idéologique.

La feuille de route du futur délégué général est donc dense, d’autant que les cadres locaux et les élus réclament une montée en puissance du parti, à travers davantage de moyens alloués aux comités, plus d’outils pour assurer « la riposte » face aux oppositions et une plus grande transparence dans la prise de décisions.


Mathilde Siraud, Le Figaro – Titre original : « LaREM cherche sa ligne politique et son chef » – Source (Extrait)


1 )    Le progressisme est un courant de pensée qui considère qu’une transformation profonde des structures sociales et politiques doit être accomplie pour une plus grande justice sociale et pour l’amélioration des conditions de vie. Il s’oppose au conservatisme.

Les progressistes croient au progrès moral de l’humanité et aux bénéfices que le développement des sciences et des techniques peut apporter au plus grand nombre.

Le terme « progressisme » a été créé vers 1930, avec l’idée selon laquelle l’organisation sociale et politique actuelle résulte d’un processus historique continu d’amélioration qui peut être poursuivi, voire accéléré par des réformes souvent radicales.

Porté par la philosophie du siècle des Lumières et par l’essor de la science au XIXe siècle, le progressisme part du postulat que le sens de l’histoire est le progrès. Cependant, les deux guerres mondiales du XXe siècle, les camps de concentration, la bombe atomique, les génocides, la persistance de la pauvreté, les pollutions… ont nourri les critiques de la notion de progrès et de la domination de l’homme sur la nature. Le progrès n’apparaît plus comme devant être limité au seul progrès technique ni comme étant le résultat automatique de l’histoire.


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