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Sympathique jusqu’au bout avec ses amis politiques, Gérard Collomb. Lors de la passation des pouvoirs, le 3 octobre, dans la cour de Beauvau, il a lancé une véritable grenade dégoupillée :

« Si j’ai un message à faire passer — je suis allé dans tous ces quartiers, des quartiers nord de Marseille au Mirail à Toulouse [et] à ceux de la couronne parisienne : Corbeil, Aulnay, Sevran —, c’est que la situation est très dégradée, et le terme de « reconquête républicaine » prend là tout son sens parce que, aujourd’hui, dans ces quartiers, c’est la loi du plus fort qui s’impose, celle des narcotrafiquants et des islamistes radicaux, qui a pris la place de la République. Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain on vive face à face. »

En reprenant tout haut la teneur des rapports de police, l’ex-ministre de l’Intérieur met dans l’embarras tout l’exécutif.

Nous voilà renvoyez au fameux projet de plan Banlieues de Borloo, lancé en mai revu et corrigé par Macron et à son inefficience.

Nul doute que son successeur à Beauvau écoutant cet avertissement déguisé, ne se sentira pas spécialement encouragé dans sa tâche.

Tout comme Hulot, Collomb pourra toujours dire qu’il est mal compris, le fait est qu’il n’a pas pu réaliser l’indispensable, faute à l’absence de moyens et directives claires: son testament politique est en fait une sévère autocritique.


D’après un article non signé – Le Canard Enchainé – 10/10/2018