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Quoi de neuf chez Canal, trois ans après sa reprise par le redresseur Bolloré ?

Pas grand-chose : perte des droits du foot, dégringolade du nombre d’abonnés, pingrerie sur le financement du cinéma, liquidation des « Guignols », du « Grand Journal » et du reste…

La fête ne s’est jamais arrêtée. La chaîne cryptée, qui fait pitié après avoir fait tant d’envieux, en est réduite à dégainer toutes sortes d’offres promotionnelles pour attirer le chaland. Et, parallèlement, à multiplier les astuces au service des abonnements pour neutraliser les clients qui souhaitent s’enfuir.

Il y a une nouveauté, tout de même. Bolloré vient de devenir le patron de médias le plus joliment condamné par les prud’hommes : 3,4 millions d’euros à verser à son ex-animatrice Maïtena Biraben. Bravo, l’artiste !

Cet exploit est le résultat des bonnes mœurs dans la vie des riches. En 2016, dans le secret des recrutements, Bolloré le magnifique avait promis-juré à Biraben un parachute doré de 2,5 millions d’€ en cas de limogeage.

Mais, une fois qu’il l’a larguée en plein vol, Bolloré a refusé de lui refiler ledit parachute et a tenté de lui coller un licenciement pour faute grave.

L’industriel se réserve, bien sûr, le droit de faire appel de cette appréciation des prud’hommes, qui ont ajouté un petit million d’euros de préjudice au passage…

Mais celui qui réclame 235 millions au contribuable francilien pour la rupture de son contrat Autolib’ – une entreprise magistralement gérée, là encore – est-il bien placé pour gémir sur ces 3,4 millions d’€ ?

En attendant de le savoir, l’énormité de la somme – un beau symbole, à l’heure où les ordonnances Macron plafonnent les indemnités de licenciement du pékin moyen, qui ne peut pas négocier de parachute doré – a inspiré ce commentaire à Biraben (« Le Parisien », 27/9) : « Je suis réparée. »

On le serait à moins !


Article signé C. N. paru dans le « Canard Enchainé » – 03/10/2018