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C’est une sale petite musique teintée de démagogie populiste qui se joue ces dernières semaines autour des cadres avec en fond de décor, la vrai raison cachée via cette insistance de l’exécutif à débattre de la dégressivité des allocations chômage qui a provoqué l’ire des syndicats cadres et salariés.

Lesquels dénoncent une manipulation politique ostracisant les cadres. Les confédérations rejettent cette idée, remise sur la table avant l’ouverture d’une négociation sur l’Assurance chômage exigée par le gouvernement.

Et jeudi dernier [27/09/2018] Édouard Philippe a enfoncé le clou : « Pour ceux qui ont une très forte employabilité, qui ont des salaires qui sont très élevés, créer une forme de dégressivité de l’Assurance chômage peut avoir du sens. » « Populisme » proteste la CGC. […]

Une dégressivité pourquoi ? Cela sous entendrait-il  que certains seraient des profiteurs ?

[…] …discriminer les cadres ne permettrait que des économies négligeables. Mais serait aussi inefficace du point de vue du retour à l’emploi. Ainsi une note publiée en janvier dernier par Sciences Po et l’OFCE concluait que « […] la dégressivité ralentirait les sorties du chômage et que cette taxe sur le chômage de longue durée a au mieux de faibles effets agrégés sur les dépenses de l’Assurance chômage ».

Dès lors, cette nouvelle charge contre les cadres n’a d’autre intérêt que d’éviter de parler des vraies questions que le Medef écarte ostensiblement depuis des mois. Son président, Geoffroy Roux de Bézieux, a beau dire que cette dégressivité des indemnités des cadres pouvait être une piste mais ne devait pas être « l’alpha et l’oméga » de la réforme, cette offensive de l’exécutif exonère bel et bien le patronat du débat sur un bonus-malus sur les emplois courts. Le patronat ne veut pas en entendre parler et il a été entendu par le gouvernement  […]

Avec cette affaire on est en plein dévoiement du dialogue social. L’irruption et le dirigisme de l’exécutif dans un dossier qui relève du paritarisme nous prépare quelques bras de fer. Et quoi qu’il en soit les confédérations syndicales n’entendent pas laisser Macron seul maître des horloges. Leurs dirigeants ont écrit la semaine dernière aux représentants du patronat un courrier leur proposant de se saisir d’un agenda social indépendamment du gouvernement. […]


Lu dans les pages du «  blog Médiapart » – Titre original « La démagogie populiste anti-cadres fait florès » – Source (Lecture complete  libre)