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Avec ce Sinistre c’est déflagration carbone. Pauvre pantin. MC

Le dernier voyage très médiatique du nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, quelle aventure ! Jeudi 20 septembre, n’écoutant que son courage et suivi de près par les caméras, François de Rugy est allé dans le Béarn annoncer l’arrivée prochaine de deux ourses d’origine slovène. Pour une facture totale qui a dû réchauffer un peu plus le cœur des éleveurs : 1 million d’euros.

La folle journée démarre à 11 heures à la préfecture de Pau, cadenassée par les forces de l’ordre : 108 maires, écharpe tricolore en bandoulière, claquent rapidement la porte de la réunion pour signifier leur désaccord à l’arrivée des ursidés slovènes. Tout comme les représentants du monde agricole et le député PS David Habib.

Seule la sénatrice Frédérique Espagnac, ancienne collaboratrice de Hollande, reste sur place et acquiesce.

À quelques dizaines de kilomètres de là, à la bergerie d’Asasp-Arros, 200 éleveurs, avec fusils apparents, grondent contre les ours et donnent le ton : « Nous refusons leur réintroduction dans notre territoire, où ils n’ont plus leur place. Et, s’il faut des armes et des fusils pour que notre message résonne aux oreilles de François de Rugy, on les sortira ! » Ambiance. On comprend mieux la suite…

Pour l’après-midi, le cabinet de Rugy a organisé une escapade dans la commune d’Etsaut, pour faire de belles images en compagnie de bergers qui – miracle ! – ne s’opposent pas à l’ours.

Histoire d’éviter de croiser des manifestants en route, le déplacement est programmé… dans les airs ! Vers 15 heures, Rugy embarque avec le préfet Gilbert Payet dans un hélico de la gendarmerie, qui les transporte vers une exploitation, à 1.700 mètres d’altitude.

Tout danger est écarté ! Le lieu a été tenu secret, sauf pour la presse, qui avait été mise dans la confidence dès la fin de matinée. Pourquoi ? Parce que l’hélico était trop petit pour embarquer les journalistes. Il a donc fallu organiser à l’avance une randonnée pour que les confrères arrivent au sommet en même temps que l’hélico du ministre !

Accompagnés de pandores du peloton de haute montagne, voilà les pauvres journalistes de la presse locale et une équipe de France 2 (dont la caméra a tout de même, généreusement, été embarquée dans l’hélico) qui partent pour deux heures et quart de grimpette à pied, en plein cagnard, au départ du village d’Etsaut. En arrivant à 1 700 mètres, ils ont juste – mais c’est l’essentiel – le temps d’immortaliser le ministre avec les gentils bergers.

Deux ou trois secondes d’images pour le 20 heures de France 2… Puis, la presse redescend à pied (encore deux heures de marche), tandis que Rugy, lui, regagne l’aéroport de Pau dans son hélico.

L’expédition continue. Vers 18 heures, le ministre doit rapido rejoindre Bordeaux, où l’attend son collègue de l’Agriculture, Stéphane Travert, pour préparer une visite commune dans le vignoble, le lendemain. Il va prendre le train ? une voiture ? Que nenni.

Il faut moins de deux heures par l’autoroute pour parcourir les 220 kilomètres qui séparent Pau de Bordeaux, mais Rugy et son cabinet embarquent… dans un petit avion !

Un Beechcraft affrété depuis Toulouse et piloté par des élèves de l’École nationale de l’aviation civile (Enac). Il n’y avait plus de train, explique le cabinet du ministre au « Canard », et il ajoute : « Ces types de vols servent, par ailleurs, d’entraînement aux élèves de l’Enac » et « permettent d’éviter les vols à vide ».

Bravo ! En tout cas, voilà un bilan médiatique qui est à la hauteur du bilan carbone !


Lu dans le canard enchainé article non signé – Mercredi 26/09/2018


Sur ce, je ne comprend pas la polémique que pose la réintroduction des ours pas plus que les loups dans les massifs montagneux. MC