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Macron, a tenu une réunion avec ses conseillers, lundi 17 septembre2018, au cours de laquelle il a exclu toute velléité de modifier les droits de succession durant le quinquennat. « On n’y touchera pas tant que je serai là (…). On a demandé des efforts aux retraités. Mais, maintenant, arrêtez de les emmerder » …

L’Élysée ne s’en cache pas, cette sortie était destinée à éviter les spéculations sur un alourdissement des droits de succession. C’est Christophe Castaner, le patron de La République en marche (LRM), qui avait allumé la mèche, vendredi 14 septembre. Lors de sa conférence de presse de rentrée, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement avait annoncé l’ouverture d’une « réflexion sans tabou sur la fiscalité des successions ». Une erreur, selon le président. « On a besoin d’un équilibre dans les efforts. A partir du moment où les retraités ont été mis à contribution, il n’est pas question d’en rajouter », estime un conseiller.

Voilà une nouvelle fois l’utilisation d’une annonce catastrophique pour, dans un premier temps démentir et dans un deuxième, faire passer en douce (Bah c’est mon pire qu’annoncé … tant mieux) un nouveau rabotage sur les retraites qui se situent au-dessus du seuil de pauvreté  … çà fera encore plusieurs milliers de retraités avec un pouvoir d’achat en baisse.

Dans l’absolu faudra me démontrer que ce rabotage profite aux chômeurs d’une part et d’autre part en diminuant le montant des pensions par érosion vis à vis de l’augmentation annuel du cout de la vie et augmentations des taxes diverses ce sont des achats courants en moins pour l’économie nationale. MC

Cette exception à l’habituel mutisme de l’Élysée en dit long sur l’inquiétude que provoque la colère des retraités au sein de l’exécutif, malgré le choix assumé jusqu’à présent de privilégier les actifs.

Gérard Collomb lui-même a mis les pieds dans le plat, mardi 18 septembre, dans un entretien à L’Express : « Il faut écouter les personnes âgées. Si celles-ci protestent, ce n’est pas parce qu’elles sont de mauvaise foi. Oui, à un moment donné, il ne faut pas charger la barque. »

Alors que les aînés avaient en 2017 davantage voté pour Emmanuel Macron que la moyenne des Français, ils sont aujourd’hui une très grande majorité à se dire déçus de l’action du gouvernement. Selon le baromètre de l’institut Elabe, publié le 6 septembre, 72 % d’entre eux disent ne pas avoir confiance dans le chef de l’État, contre 64 % pour l’ensemble des Français. Ils étaient seulement 44 % en janvier et 35 % lors de l’élection d’Emmanuel Macron, en mai 2017.

«  Les retraités sont ulcérés de constater que beaucoup de personnes, y compris au sommet de l’État, les considèrent comme des nantis », s’emporte Christian Bourreau, le président de l’Union française des retraités.

« Depuis quelques mois, les signaux négatifs à l’égard des seniors se sont multipliés. A l’augmentation de la CSG, entrée en -vigueur le 1er janvier et non compensée pour 60 % des retraités, est venu s’ajouter un quasi-gel des pensions pour 2019 et 2020, annoncé fin août par le premier ministre, Édouard Philippe.

Comme les allocations familiales et les APL, ces prestations ne seront revalorisées que de 0,3 % les deux prochaines années, ce qui devrait permettre à l’État d’économiser au total autour de 3 milliards d’euros par an selon le taux d’inflation.

Pour tenter d’apaiser un peu les rancœurs, l’exécutif a confirmé, que 300 000 retraités modestes allaient être exonérés en 2019 de la hausse de 1,7 point de la CSG.

Les incertitudes pesant sur la réforme des retraites contribuent aussi à rendre le climat anxiogène pour une population qui, ne cesse pourtant de répéter le gouvernement, ne sera pas concernée par ce futur big bang.

A l’approche des élections européennes de mai 2019, un scrutin souvent délaissé par les Français, les signaux sont donc au rouge, d’autant que les seniors sont parmi ceux qui votent le plus.


Raphaëlle Besse Desmoulières, Cédric Pietralunga et Audrey Tonnelier, Le Monde – Titre eponyme – Source (Extrait très partiel)