Audin-La guerre d’Algérie-Aussaresse

C’est bien la première fois ou je vais mettre un commentaire en lieu et place d’un article … que l’ami JJ me pardonne de reprendre et compléter son commentaire. Etant de la classe 61 j’étais au service militaire en ce temps-là et c’est une partie de l’histoire qu’indirectement j’ai vécu avec des amis tombés en Algérie MC

La question posée revient à se demander s’il est bon de connaître ce qui s’est produit dans notre passé.

Etouffée l’affaire Audin ne doit sa réapparition qu’à sa famille, certains historiens, au parti communiste et d’autres qui n’ont eu de cesse de remuer ciel et terre pour que ce meurtre d’état soit dénoncé, rendu public. Pour que la torture soit clouée au pilori.

Comment tirer des leçons de l’histoire si celle-ci est étouffée?

Cette dénonciation doit permettre aux générations actuelles de comprendre les mécanismes de ce drame et d’en tirer les conséquences.

Hortefeux est dans son rôle: l’histoire est gênante et quand on ne peut l’étouffer on doit se contenter de la raconter sans pour autant dénoncer les responsables ni s’excuser pour le mal qu’ils ont a fait au nom de notre peuple.

Mauvais exemple pour la jeunesse qui érige une règle malsaine: reconnaissez vos crimes mais surtout ne vous en excusez pas…….


Jean-jacques B a ecrit un commentaire suite a l’article : Reconnaissance AUDIN : qui ça gène !


Les aveux du général Aussaresses : « Je me suis résolu à la torture ».

C’est dans cet entretien publié dans Le Monde le 23 novembre 2000 que le général Aussaresses avait avoué « sans regrets ni remords » avoir torturé pendant la guerre d’Algérie.

 […] Le général Paul Aussaresses, a été l’un des personnages-clés de la bataille d’Alger en 1957. En janvier de cette année-là, le général Massu appelle à ses côtés ce commandant, chef de bataillon parachutiste, ancien d’Indochine, ancien du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), fondateur du 11e Choc (bras armé de la division action des services spéciaux), pour coordonner les renseignements à Alger. L’objectif [officiel] est de démanteler les réseaux FLN et de mettre fin à la vague d’attentats qui ensanglantent le secteur. […]

Massu avait décidé d’appeler deux types qu’il estimait sûrs et sur lesquels il pourrait s’appuyer: le lieutenant-colonel Trinquier et moi. J’avais reçu une mission précise : travailler avec la police d’Alger – dont Paul Teitgen était alors secrétaire général à la préfecture – et les officiers de renseignement, ainsi que le juge Bérard, conseiller juridique de Massu. Au début, nous n’avons eu aucun problème avec Teitgen. Ce n’est que plus tard qu’il a commencé à montrer des réticences à coopérer avec les paras.

– Paul Teitgen a même démissionné de ses fonctions, le 12 septembre de cette année-là…

  • Teitgen avait en effet découvert qu’on le roulait dans la farine depuis longtemps. Je lui faisais signer des assignations à résidence, ce qui permettait d’enfermer les personnes arrêtées dans des camps, notamment au lieu-dit Paul-Cazelles, dans le sud du département d’Alger. En fait, on exécutait ces détenus, mais Teitgen ne s’en est rendu compte qu’après coup.

– Paul Teitgen a dit que, sur les 24 000 assignations à résidence qu’il avait signées, 3 024 des personnes concernées avaient disparu.

  • Oui, cela doit correspondre à peu près à la réalité. L’intérêt, si j’ose dire, du système mis en place par Massu tenait justement à cela : avoir un officier de liaison – moi, en l’occurrence – avec les services de police et la justice, et qui endossait beaucoup de responsabilités. Tous les matins, avec Trinquier, je faisais mon rapport à Massu et lui racontais ce qui s’était passé la nuit précédente. Pour qu’on s’en souvienne, nous consignions tout dans un gros cahier manifold. Il y avait quatre pages pour chaque jour : une pour Massu, une pour Salan, une pour Lacoste, et enfin une pour moi. Parfois, je disais à Massu : « On a ramassé untel » et je le regardais dans les yeux avant d’ajouter : « On le tuera demain. » Massu poussait un grognement, et je prenais cela pour un oui.

Florence Baugé- Le Monde – Source (Extrait)


Voir aussi ce film documentaire : « Aussaresse et l’escadron de la mort en Argentine »

 

Une réflexion sur “Audin-La guerre d’Algérie-Aussaresse

  1. fanfan la rêveuse 18/09/2018 / 06:57

    La guerre, quel triste mot, en mon sens elle n’est jamais « propre ». Nous pouvons chercher, dans toutes les nations il y a des débordements, encore un triste constat car je n’excuse rien…
    Bonne journée Michel.

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