Mots-clés

, ,

Est-ce une bonne chose de reconnaître la responsabilité de l’État français dans la mort de Maurice Audin ?

[…]… cet acte est salué par l’historien Pascal Bruckner, pour qui « il est temps d’en finir avec la culture du secret » mais pour Brice Hortefeux : « Assez de repentance » […]

BRICE HORTEFEUX. Assez de repentance, et plus de mémoire ! La guerre d’Algérie a été un drame pour cette colonie française depuis 1 830. Chacun se souvient que 250 000 Algériens furent tués, dont 12 000 dans des purges internes. Quant aux Français, 25 600 soldats sont morts, et je n’oublie pas les 150 000 harkis morts au combat ou par exécution pour avoir été fidèles à notre pays.

En quoi cela empêche la repentance ? L’histoire est un tout, nous la recevons en héritage avec ses heures glorieuses comme ses heures sombres. Nous devons l’assumer et ne jamais l’oublier. Mais plutôt que de se repentir sur des actes qui ont été commis par des générations précédentes, apprenons aux nouvelles générations à comprendre ce qui s’est passé.

PASCAL BRUCKNER. C’est une très bonne chose, car c’est toujours mieux de dire la vérité, même si l’affaire Audin n’est qu’un symptôme des horreurs de la guerre d’Algérie. Plus on fera la lumière sur les événements, mieux ça vaudra pour tout le monde, Français comme Algériens. On ne gagne rien à dissimuler la vérité, il est temps d’en finir avec la culture du secret. On a mis déjà plus de 20 ans à reconnaître que ce qui s’est passé en Algérie était une guerre.


Le Parisien – Titre original : « Brice Hortefeux-Pascal Bruckner Guerre d’Algérie : la décision de Macron dans l’affaire Maurice Audin divise » – Source (Extrait)