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Amiens, ancienne usine Whirlpool et centre-ville. « Peu importe qui est au pouvoir… » Deux lettres, « WN », signalent qu’une page s’est tournée sur le site industriel, l’un des symboles de la présidentielle 2017. A Amiens, 186 salariés Whirlpool, victimes de la délocalisation, retrouvent les lignes de production sous l’impulsion de leur repreneur.

Mais à l’heure où l’on se rassemble pour casser la croûte sur le parking, pas question de laisser penser qu’il s’agit là d’une victoire politique. « Ce n’est pas Macron qui a sauvé l’usine », prévient un ex-opérateur sérigraphie, en sweat-shirt Whirlpool. Et ces quinze premiers mois de quinquennat ? « Peu importe qui est au pouvoir… » soupire Mickaël. Une conviction est chevillée au corps de beaucoup : les « petits », comme on dit ici, « morflent ».

D’autant que le sort des intérimaires ou des voisins de Goodyear est dans les têtes. « La façon dont Macron parle des aides sociales… Il tire toujours sur les mêmes. […] », tance Benoît, le chef d’équipe, […]. Le « pognon de dingue » a résonné jusque-là…

Comme les questions de pouvoir d’achat. « Le coût de la vie, l’inflation, il ne fait rien pour ça ! » peste un ouvrier. Sur la route Amiens-Le Touquet, c’est l’un des mantras de la rentrée : « Tout augmente, sauf nos salaires. » Président « des classes hautes » selon les mots de Julie, secrétaire de mairie . […]

Saint-Fuscien. « Pas grand-chose ne change » A l’autre bout de l’agglomération, dans les rues cossues de Saint-Fuscien (Somme), on doute aussi. Jean, électeur LREM, est « dans l’expectative ». « Il prend des risques, mais est-ce que ça réussira ou pas ? Beaucoup de choses ont été lancées, mais pas grand-chose ne change au niveau des résultats », relève cet ex-enseignant, songeant déjà à son vote aux Européennes : « S’il n’y a pas vraiment un bilan qui ressort, on verra… »

 […] …. « Je pense que les lobbys ont pris le pouvoir » Sur le pas de sa ferme, à l’entrée de Friville-Escarbotin (Somme), François-Xavier Malgras est dubitatif. Le discours du président sur «  le juste prix payé aux agriculteurs », ses charges contre les géants de l’agro-industrie, furent du miel aux oreilles de ce quadragénaire, qui élève 150 bêtes à viande, cultive 200 ha et pratique la vente directe pour à peine un smic. « Il y a eu beaucoup de promesses, mais on ne voit rien du tout. Je pense qu’il y a des lobbys et qu’ils ont pris le pouvoir », dit-il, avec en tête la démission de Nicolas Hulot.

Saint-Valery-sur-Somme. « Il mène une politique de bonne droite » . […]

Le Touquet. « J’ai perdu mes illusions » Quelques pas sur le front de mer du Touquet (Pas-de-Calais) suffisent pour le constater : les retraités gonflent les rangs des mécontents. Roland, 70 ans. […] ancien de la finance, électeur de Macron, se sent « plumé », songe à ne plus voter. «  Il faut m’expliquer comment on peut relancer la consommation en diminuant les pensions ! » […]


Pauline Théveniaud, Le Parisien – Titre original : « Un an de présidence Macron : ’Tout augmente, sauf nos salaires ! ‘ » – Source (Extrait)