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La vague populiste recouvre progressivement l’Europe. Des plages ensoleillées d’une Italie tourmentée jusqu’aux terres prospères de Suède.

 […] Selon un sondage de l’institut Skop suédois publié dimanche 2 septembre, la formation est créditée de 20% des voix contre 23,8% seulement pour les sociaux-démocrates au pouvoir. […]

[…] Selon l’expression du spécialiste des droites radicales, Jean-Yves Camus, cette montée est caractéristique d’un « populisme de prospérité ».  […]

La progressive normalisation d’un parti aux relents nazis

Pour autant, l’arrivée au pouvoir de ces « populismes de prospérité » n’est pas forcément évidente. Elle sous-tend avant tout une normalisation du SD, ou du moins « en partie, sinon il ne recueillerait pas 20% des intentions de vote », nous explique ainsi Jean-Yves Camus. « Mais il se heurte (pour encore quelques jours ?) à un cordon sanitaire qui s’explique par ses racines dans l’extrême-droite des années 1980 et la présence en son sein jusqu’au milieu des années 1990 de militants néo-nazis avérés. » […]

[…] « Un nouveau dirigeant venu du centre modéré a ensuite compris que les liens du parti avec les milieux « white power » néo-nazis étaient un repoussoir. […] l’actuel leader du SD, Jimmie Åkesson, en place depuis 2005, continue la normalisation du parti « traduite notamment par le fait que ses élus européens siègent avec le groupe ECR [Conservateurs et réformistes européens], celui du PiS polonais et des Conservateurs britanniques, plutôt que dans celui de la Lega et du RN », analyse toujours Jean-Yves Camus, avant de nuancer. « Toutefois le magazine antifasciste suédois Expo, fondé par Stieg Larsson, a encore débusqué des extrémistes parmi ses candidats aux prochaines élections. »

Aujourd’hui, la formation vole à l’encontre des électeurs conservateurs, mais aussi les sociaux-démocrates, d’habitude plus modérés. […]


Valentin Pacaud – Les Inrocks – Source (Extrait)