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[…] L’autonomie de la personne est un objectif social central de nos sociétés développées.

Il s’inscrit dans le cadre de la solidarité et vise l’objectif d’hommes et de femmes libres et égaux en société, capables de se choisir individuellement et collectivement un avenir respectueux de la dignité de chacun, suivant les principes de la Sécurité sociale de 1946, tout en les renouvelant et les réformant en profondeur, avec la prise en charge de ce nouveau besoin qu’est la perte d’autonomie.

Nous prenons le concept de perte d’autonomie en lieu et place de celui de dépendance, car il est fondamentalement porteur de solidarité, à l’opposé de l’individualisme.

La perte d’autonomie n’est en rien un risque en soi, ce qui explique notre rejet de l’assurantiel, mais un état qui justifie la mise en œuvre de moyens et d’expertises divers pour assurer à un individu la poursuite de son existence dans la dignité. […]

[…] Il ne s’agit pas seulement d’indemniser les personnes ou d’accompagner leur trajectoire de vie, mais de créer les conditions économiques et sociales de leur autonomisation tout au long de leur vie. Cela implique de se donner les moyens d’intervenir sur les conditions d’emploi et de travail, sur les conditions de la recherche médicale et de la prise en charge médicale et médicosociale, sur les politiques nationales et locales d’urbanisme et de transport, etc. […]

[…] La volonté de privilégier le maintien à domicile accompagné et assisté, comme alternative volontaire, est complémentaire de la nécessité d’assurer une bonne couverture territoriale qui nécessite un développement sans précédent du nombre d’établissements publics pour personnes en perte d’autonomie.

Il s’agit également de garantir l’accès aux services spécialisés médicaux. Le maillage du territoire par le service public hospitalier est aussi un gage d’égalité en matière de réponse aux besoins. Il faut augmenter le taux d’encadrement en personnel qualifié des structures publiques pour arriver à un ratio d’au moins un personnel par personne accueillie.


Claude Chavrot