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[…] Parler de bioéthique, c’est d’abord différencier morale et éthique.

La morale, ce sont des règles de conduite normatives fondées sur des valeurs relatives et auxquelles on s’oblige. L’éthique est quant à elle une régulation impartiale de l’action établie par la société à partir d’une réflexion argumentée, qui fait donc appel à la raison et à l’autonomie de la pensée. Il y a donc dans l’éthique une nécessité de justifier ce qui est énoncé qu’il n’y a pas dans la morale.

Débattre de bioéthique ne consiste pas à opposer des morales inconciliables, mais à distinguer des opinions dans leur pluralité et en conscience, pour parvenir à les réguler selon ce qui semble le plus juste.

La bioéthique touche les problématiques d’accès aux droits, d’autonomie, de dignité, de liberté individuelle, de libertés publiques, de liberté de conscience, de responsabilité individuelle et collective, tant de sujets qui tiennent à cœur aux militants laïques.

Elle se fonde sur quatre principes : le respect de l’autonomie du sujet, la bienfaisance, la non-malfaisance, et la justice. Le principe de bienfaisance implique toujours une conception déterminée du bien, il revient à dire : « traite autrui comme tu voudrais être traité ». Une personne est dite autonome si elle est libre et capable. Respecter l’autonomie d’autrui suppose donc des conditions : information nécessaire à une prise de décision éclairée, vérification que cette information a été comprise, et vérification de la capacité de la personne à décider. Alors, respecter le principe d’autonomie revient à dire : « traite autrui comme il souhaite être traité ».

Les principes d’autonomie et de bienfaisance se confrontent et parfois même s’opposent. Alors il faut bien déterminer celui qui en dernier ressort doit primer. […]


Christian Gaudray, Source (Extrait)