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Sauvegarder les intérêts et préserver la qualité de vie des riverains », « lutter pour l’intégration des constructions nouvelles dans le tissu urbain environnant »…

Ces pieuses intentions figuraient en bonne place dans les statuts de l’Association Paris urbanisme responsable et écologique (Apure), fondée en avril 2015.

En réalité, cette association et son président, Pierre-Alain Wanten, n’avaient qu’un seul but : faire pression sur les bétonneurs pour encaisser un max de pognon.

La recette était simple : l’association — composée exclusivement d’hommes de paille de Wanten — déposait des recours contre des projets portés par des banques ou des promoteurs puis négociait leur retrait contre des indemnités sonnantes et trébuchantes.

Pas moins de 71 procédures ont été lancées en moins de deux ans par l’Apure et par son fondateur, qui ont réussi à palper un total d’environ 1,6 million d’euros.

Immo Invest a ainsi payé pas moins de 250 000 euros pour pouvoir réaménager tranquillement l’immeuble des Champs-Elysées qui doit accueillir un Apple Store d’ici à la fin de 2018. Et le réassureur Scor a accepté d’être délesté de 296 000 euros pour mener à bien un autre chantier.

Mais tous les promoteurs ne se sont pas laissé faire.

La Société foncière lyonnaise a porté plainte quand Wanten lui a réclamé 500 000 euros, en mai 2017, comme l’a raconté le magazine « Society » (12/7). Il ne restait plus à la justice qu’à dérouler la pelote.

Avec une célérité inhabituelle, l’affaire est arrivée moins d’un an plus tard devant le tribunal correctionnel de Paris. Et le jugement, rendu en juillet, se veut exemplaire : 30 mois de prison avec sursis et une lourde sanction financière pour escroquerie, faux et blanchiment.


Article Signé H.L. – Le Canard enchaîné » — mercredi 8 août 2018