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Le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler,  a défendu et voté en tant que haut fonctionnaire des dispositions favorables au groupe MSC, dirigé par des membres de sa famille.

« Il y a de grands voyages que l’on ne fait bien qu’en pantoufles », écrivait Jean Sarment. Les grands voyages de l’intérêt public vers l’intérêt privé, par exemple.

À ce jeu-là, Alexis Kohler est un sacré touriste, en plus de naviguer en famille. Entre 2010 et 2011, l’actuel secrétaire général de l’Élysée a, en effet, approuvé des contrats entre le port du Havre et l’armateur MSC, dirigé par des cousins de sa mère, comme l’a révélé Mediapart.

Le haut fonctionnaire, membre du conseil de surveillance du port, circule à l’époque de façon clandestine puisqu’il ne dit rien des liens de sang censés le disqualifier lors des négociations. Il chemine également en furtif au sein du conseil d’administration de STX, qui possède alors les chantiers navals de Saint-Nazaire, dont MSC, numéro deux mondial du fret maritime, est l’un des plus gros clients…

Ensuite, il est nommé directeur de cabinet de Pierre Moscovici, puis d’Emmanuel Macron à Bercy, entre 2012 et 2016, alors même que le ministère de l’Économie a fort à faire sur ces deux ports stratégiques.

Mais ce n’est pas tout : adepte du pantouflage aller et retour, il devient directeur financier de MSC en 2016… avant de rejoindre de nouveau Macron, à l’Élysée, en 2017 !

[…] En mai, l’Élysée a assuré que « M. Kohler a toujours informé sa hiérarchie de ses liens familiaux, ainsi que ses collègues de travail qui avaient à connaître cette circonstance ».

Problème : les autres membres du conseil de surveillance du port du Havre n’en savaient rien. […]  Mediapart vient d’apporter la preuve, procès-verbaux à l’appui, que Kohler a bel et bien pris la parole quand les intérêts de MSC étaient directement en jeu au Havre, en plus de voter au moins une fois. […] l’intéressé siège à ce moment-là en tant que représentant de l’Agence des participations d’État, et engage de l’argent public sur des marchés signés avec le groupe de son cousin Gianluigi Aponte.

Comme le dévoile Mediapart, Kohler a pesé pour que MSC obtienne quatre postes de ripage au Havre, contre trois initialement prévus, et des quais à 17 mètres de profondeur au lieu de 15. Il a même soutenu le rachat par l’État de biens appartenant à MSC alors qu’ils allaient devenir « gratuitement et de plein droit la propriété de l’État ».

Cette affaire illustre donc de nouveau à quel point la Commission de déontologie de la fonction publique est dotée de pouvoirs insuffisants pour lutter contre le pantouflage.


Aurélien Soucheyre – Source (Extrait)


Dire qu’un manant ayant « prit » un PV illicite et le contestant, se retrouvera attribuer de diverses condamnations … MC