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Tweets rageurs de Donald Trump, déclarations alarmantes de dirigeants politiques, notes d’institutions internationales… l’escalade protectionniste est devenue le risque majeur pesant sur la conjoncture mondiale.

Les économistes se risquent à des évaluations variées, qui vont de la «guerre totale» à des scénarios modérés. Une certitude, certains pays et secteurs souffriront davantage. Et un choc de défiance générale menace. Le président de la Réserve fédérale américaine, Jay Powell, vient de tirer la sonnette d’alarme sur les risques protectionnistes, expliquant que le libre-échange contribue à la prospérité des États.

La guerre commerciale est-elle déclenchée?

Les experts s’accordent: le mot est un peu fort mais la menace est réelle. Et Donald Trump a bel et bien enclenché l’offensive protectionniste, visant en priorité les pays avec lesquels les États-Unis affichent un déficit commercial.

Si la Chine est la première cible, le président n’épargne pas non plus ses alliés traditionnels, dont l’Europe, durement frappée par les taxes sur l’acier et l’aluminium. Qui plus est, en invoquant le motif difficilement justifiable de sécurité nationale.

Bruxelles a immédiatement riposté en taxant une série de produits sur un montant équivalent et saisi en parallèle l’Organisation mondiale du commerce (OMC). […]

  • Se dirige-t-on vers un scénario catastrophe?

Les tensions commerciales représentent «la plus grande menace» sur la croissance, estime le FMI. Pour autant, l’institution table sur un effet limité. Si Donald Trump met la totalité de ses menaces à exécution et que ses partenaires ripostent à même hauteur, le PIB mondial reculera de 0,5 % avec des écarts importants, de 0,8 % aux États-Unis à 0,3 % en zone euro. Beaucoup plus alarmiste, le CAE anticipe une baisse du revenu réel dans différents pays.

Selon ses économistes, une guerre commerciale «totale», où les nouveaux tarifs douaniers s’appliqueraient partout sauf à l’intérieur de l’UE, ferait perdre 3 à 4 points de PIB aux grands pays, dont la Chine et les États-Unis.

L’impact sur le PIB français serait assez proche de celui de la crise de 2008 et des pays comme le Canada, la Corée ou l’Irlande, économies très ouvertes, chuteraient de 10 points de PIB. À court terme, beaucoup d’emplois sont en jeu dans les secteurs exportateurs, soit, en France, dans le luxe, l’aéronautique, l’agroalimentaire.


Armelle  Bohineust, Le Figaro – Titre original : Guerre commerciale : l’escalade protectionniste menace l’économie mondiale – Source (Extrait)