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Voilà que la SNCF s’est mis en tête d’installer dans les gares TGV des portiques sur les quais. Les premiers ont été mis en service gare Montparnasse en avril 2017. Les six autres gares parisiennes en sont désormais équipées.

Ce n’est pas une question de sécurité, comme on pourrait le croire : il s’agit de lutter contre la fraude, laquelle coûterait chaque année 300 millions à la SNCF. Les portiques bloquent l’accès aux trains. Pour avoir le droit de passer, le voyageur doit scanner son titre de transport sur un lecteur digital. Le portique ferme boutique deux minutes avant le départ, pour éviter les embarquements de dernière minute dont pourraient profiter les méchants fraudeurs.

Arriver en courant alors que le train est encore à quai et se voir interdire d’y monter, voilà une expérience nouvelle offerte par la SNCF.

Ce détail mis à part, ils sont efficaces, ces portiques ? Oui, mais non.

Comme l’explique un cheminot gare du Nord (« Les Echos », 13/7), « le vrai problème, c’est le flux. Vous avez quatre ou cinq portiques seulement pour 1.500 passagers, ce n’est pas possible ». Du coup, comme le reconnaît la SNCF, en cas d’affluence, de mise à quai tardive du train ou d’affichage tardif de la voie sur les écrans, les portiques sont tout simplement désactivés.

Qu’il est beau, le spectacle de portiques ultra-modernes devenus inutiles, sous lesquels s’engouffrent de joyeux usagers dispensés de montrer patte blanche et qui éprouvent à cette occasion le vrai goût de la liberté !

Mais la SNCF promet qu’elle veille au grain et que, l’an prochain, les portiques seront « pleinement opérationnels »… pour 90 % des TGV. Les fraudeurs savent désormais que, les jours d’affluence, tout leur est permis.[…]

Jean-Luc Porquet – Le Canard Enchainé -18/07/2018