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Ce n’était pas dépenser un pognon de dingue dans le budget global de la France cette promesse. Mais lorsque l’on est un chantre du libéralisme et que l’on possède des amis autant les faire travailler et rentabiliser leurs affaires. MC

PASS-CULTURE pour les jeunes

C’était l’une des promesses les plus populaires du candidat Emmanuel Macron : offrir à tous les jeunes âgés de 18 ans, 500 euros pour leur permettre d’acquérir des biens culturels et d’y prendre goût : CD, DVD, VOD, journaux, places de théâtre ou tickets de cinéma, etc. Le tout grâce à leur téléphone portable et à un site dédié.

Cinq cents euros pour 800.000 jeunes, la facture s’annonçait lourde pour les finances publiques, en ces temps de disette budgétaire : 400 millions d’euros.

Mais, heureusement, l’inspecteur des Finances Eric Garandeau, chargé par Françoise Nyssen de l’« ingénierie du nouveau « Pass culture » (sic) », a trouvé la solution : l’État ne financera, sur son propre budget, que 20 % de l’ardoise. Soit 80 millions d’euros !

Les 320 autres millions seront « offerts » par les éditeurs, les producteurs, les auteurs, etc. Mais — et c’est là toute la subtilité du projet — cette gratuité, notamment pour la « consommation dématérialisée », c’est-à-dire sur Internet, ne sera pas communiquée à l’utilisateur du Pass culture.

Mieux encore : comme le précise une note du ministère de la Culture, c’est le « prix de référence » du service ou de l’abonnement qui sera affiché, sans qu’il soit fait mention de la gratuité ou de la remise consentie lors de la souscription.


Deux ingrédients pour satisfaire l’hôte temporaire Élyséen : Présenter l’état comme généreux avec seulement 20% engagé, tout en interdisant aux « mécènes » de faire savoir leurs participations pour 80%, il fallait oser. Ça s’appelle pas du « chantage » d’une part et d’autre part « … tirer la couverture à soi » ! MC