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Après avoir été confortablement élu à la présidence de la République avec le concours de la quasi-totalité des médias français, M. Emmanuel Macron exige que sa majorité parlementaire lui concocte une loi contre la diffusion de « fausses informations » en période électorale. Peut-être prépare-t-il déjà sa prochaine campagne.

Le texte qui devrait être bientôt voté trahit à la fois la cécité des gouvernants quant aux contestations qu’ils affrontent et — en même temps — leur inclination à imaginer sans cesse des dispositifs coercitifs pour y remédier. […]

[… au sujet des fake news], le Conseil d’État a rappelé le 19 avril dernier que « le droit français contient déjà plusieurs dispositions visant, en substance, à lutter contre la diffusion de fausses informations ». En particulier la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui permet de réprimer la diffusion de fausses nouvelles et les propos diffamatoires ou injurieux.

Dangereux : la proposition parlementaire demanderait à un juge d’agir dans les quarante-huit heures pour « faire cesser la diffusion artificielle et massive (…) de faits constituant des fausses informations ». […]

[Autre question :] pourquoi réserver un attirail judiciaire aux seules périodes électorales [si il est censé être fiable] ?

Pour s’en tenir aux dernières décennies, presque chaque guerre — celles du Golfe, du Kosovo, d’Irak, Afghanistan, de Libye, … — a vu proliférer les mensonges et les manipulations de l’information.


D’après l’Édito de juillet de Serge Halimi, Le Monde Diplomatique – Titre original : « Le caprice du prince » – (Article entier en lecture libre) Source (Extrait)