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Avertissement : L’article ci-dessous a été posté entre sa position première et son revirement depuis pour raison stratégique et politique interne. Pour Donald Trump … si ce n’est permettre aux enfants de rester avec leur famille, c’est du moins un assouplissement de cette situation auparavant disproportionnée … certains médias américains font un travail remarquable en dénonçant une nouvelle fois, ce gugusse aux décisions dangereuses.

J’ai volontairement laissé cet article bien que n’étant plus en phase avec l’actualité parce qu’il traduit une réalité, l’Amérique, de par sa constitution, permet l’avènement de ce genre de malfaisant à sa tête et même s’il est parfois « bridé » par le congrès le étatsuniens ne sont pas à l’abri d’un folie de cet être. MC

Des voix de tous bords s’élèvent aux États-Unis pour dénoncer le sort réservé aux enfants migrants séparés de force de leurs parents. Seuls les élus républicains se distinguent par leur silence assourdissant, dénonce ce chroniqueur du Washington Post.

Jusqu’à présent le trumpisme n’avait pas fait de victimes. Du moins pas de victimes concrètes.

Le président Trump a mis à mal notre démocratie par ses attaques fielleuses contre la presse (“le plus grand ennemi de notre pays”), le FBI (“un repaire de voleurs et de voyous”), les gens de couleur (qui viennent de “pays de merde” et “qui n’ont peut-être rien à faire aux États-Unis” s’ils refusent de se lever pour chanter l’hymne national), l’opposition (des traîtres qui “apparemment n’aiment pas trop notre pays”) et ses autres cibles préférées.

Il a fait tout autant de mal à notre image à l’international en attaquant nos alliés (en qualifiant par exemple le Premier ministre canadien Justin Trudeau de “très malhonnête” et “faible”) en chantant les louanges de nos ennemis (selon lui, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un est “ferme”, “intelligent”, “marrant” et plein de “talent”), et en lançant une guerre commerciale en piétinant les accords  internationaux.

Politique barbare

Certains disent que notre pays va finir par payer très cher les décisions agressives de Trump. Mais jusqu’à présent il était difficile de définir précisément qui en souffrait. Les guerres commerciales de Trump, par exemple, ont commencé à nuire aux fermiers de l’Iowa et aux ouvriers du Michigan – mais leur impact sera tellement dilué que les consommateurs ne le remarqueront peut-être pas.

En revanche, avec cette politique barbare qui consiste à séparer les enfants de leurs parents clandestins, Trump a finalement offert des exemples concrets et télévisés des conséquences dramatiques que peuvent engendrer ses décisions sur la vie des gens ordinaires.

Il ne s’agit plus ici des clandestins expulsés après avoir passé des décennies à contribuer à l’économie de ce pays. Les souffrances des adultes – et des hommes en particulier – n’inspirent pas autant de compassion que les mauvais traitements infligés aux enfants.

Les quelque 2 000 enfants arrachés à leur famille depuis six semaines et installés dans des hébergements de fortune que certains comparent à des camps de concentration ne sont pas des victimes théoriques ou hypothétiques. Ces victimes sont bien réelles et leurs tourments sont également très concrets.

Les ravages du trumpisme ont désormais un visage : celui d’une petite fille en larmes à la une du New York Daily News avec ce titre : “Insensible. Cruel. Lâche. Trump.”

Et le Daily News – qui étrille régulièrement Trump – n’est pas le seul à trouver cette politique ignoble. Son concurrent, le New York Post (l’un des plus grands soutiens de Trump, et apparemment son quotidien préféré) a titré son éditorial ainsi : “Arrêtez de séparer des familles à la frontière.” […]

Dissuasion

Cette politique est si atroce que Trump et ses sbires se sentent obligés de mentir en disant qu’ils ne font qu’appliquer une loi que les démocrates avaient refusé d’abroger – alors que ces ordres sadiques ne sont rien d’autre que le résultat d’une décision de l’exécutif. Pourquoi

Trump agit-il de façon si cruelle ? Parce qu’il est aux abois.

Il s’était fixé pour priorité absolue de stopper les migrants à la frontière. Sauf qu’en mai, pour le troisième mois consécutif, plus de 50.000 personnes tentant de franchir la frontière américano-mexicaine ont été arrêtées. C’est presque trois fois plus qu’en mai 2017, preuve que Trump a beau déchaîner “le feu et la fureur”, il se révèle incapable de bloquer l’entrée aux États-Unis.

Pris en défaut dans sa mission numéro un, il se défoule sur des femmes et des enfants sans défense dans l’espoir de dissuader les autres candidats à l’immigration.

Lâcheté politique

Une seule interprétation me semble possible : au vu du sort réservé à ceux qui osent critiquer Trump (tel le député républicain Mark Sanford, qui vient de perdre la primaire du 12 juin en Caroline du Sud après que le président a affiché sur Twitter son soutien à son adversaire), les républicains sont tellement tétanisés à l’idée de contrarier le dieu vengeur installé à la Maison-Blanche qu’ils renoncent délibérément à exercer leur sens moral.

Dès lors, peu importe que les victimes de Trump aient désormais un visage, et un visage atrocement jeune. Les sbires du président au sein du parti républicain sont si lâches, si insensibles, d’une infamie si abjecte qu’ils sont prêts à le laisser infliger les pires souffrances à d’autres plutôt que de risquer eux-mêmes de souffrir sa colère.

[…]


Max Boot – Courrier international – Source (Extrait)


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