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On ne peut pas dire [que le projet de] loi Elan sur le logement et l’aménagement, discutée [depuis le 31 mai 2018] à l’Assemblée nationale, rencontre une large adhésion.

[…] Ce pilier historique de notre législation sur la préservation de l’environnement pourrait, en effet, être remis en cause et faire la part belle aux bétonneurs. Face à cela, les ONG, dont France nature environnement, n’ont pas tardé à réagir : « Nous demandons au gouvernement et aux parlementaires de ne pas affaiblir la loi littoral et de retirer, en séance publique, les dispositions adoptées hâtivement en commission sans concertation ni étude d’impact », réagissait ainsi Michel Dubromel, son président.

C’est le 16 mai dernier, lors de l’examen en commission et dans un scénario dorénavant classique (en catimini, pour éviter le débat en séance), que le secrétaire d’État Julien Denormandie a donné un avis « très favorable » à plusieurs amendements du groupe LREM, rendant constructibles des espaces jusque-là sanctuarisés par la loi littoral de 1986.

Étaient visées, plus précisément, les « dents creuses », ces zones vierges qui séparent des espaces construits. Combler ces vides permettrait, d’après le projet LREM, de « répondre aux demandes relatives à la possibilité de densifier les formes urbaines intermédiaires entre le village et l’urbanisation diffuse ».

Sacrilège, pour les ONG, qui y voient une manière de permettre aux élus locaux de faire fi de la loi et d’urbaniser des zones jusqu’ici protégées. […]


Éric Serres – Titre original : « Littoral. Un projet qui pourrait faire mal aux côtes » Source (Extrait)