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Il vaut mieux être spectatrice qu’actrice, je pense de ce féminisme actuel … et de toute façon puisque je suis un z’homme je n’ai pas le droit a la parole …. MC

[Cherchant des articles sortants des pesantes infos gouvernementales et pestant devant l’apathie du peuple électeur ou non,  attendant les prochains matraquages sécuritaires, les prochaines lois restrictives, un nouveau lot d’entreprises licenciant pour mieux délocaliser, une augmentation de la précarité, du chômage, une nouvelle diminution du pouvoir d’achat, une sélection dans l’éducation, l’officialisation des ghettos de banlieues, etc. Je me suis tourné quelques heures vers la rubrique infos divers avec quelques surprises. MC]

#NoBra : pourquoi de plus en plus de femmes se débarrassent de leur soutif

Si les féministes ne brûlaient pas vraiment leurs soutien-gorge dans les années 70 comme le raconte la légende, en 2018, de plus en plus les jettent sans remords à la poubelle. Ces dernières années, la tendance était pourtant plutôt à l’“ultra soutien-gorge” effet push-up… Sous les t-shirts, le canon esthétique des années 2000 a imposé un sein rond, haut et ferme comme une pomme. À tel point qu’il est parfois difficile d’en trouver un qui ne soit pas rembourré. Mais sur Internet et dans la rue, la résistance s’organise pour libérer les poitrines d’un objet jugé inutile et inconfortable. Un geste anodin devenu symbole d’un féminisme du quotidien.

La communauté “no bra” célèbre la respiration non entravée, la fin des marques rouges sur le dos en fin de journée ou des baleines qui rentrent dans la chair. Beaucoup affirment même que leurs problèmes de dos ont “disparu comme par magie”. Même les grandes tailles s’y mettent et semblent y trouver autant d’avantages que les petits bonnets.

Pour d’autres, comme Camille du blog Deeply Yourself, la vie sans soutif, c’est surtout apprendre à accepter son corps : “Avant, j’avais l’impression qu’une poitrine, c’était beau uniquement si c’était dans un joli soutien-gorge à dentelles. Maintenant, je ne vois plus l’intérêt de me faire souffrir uniquement pour que mes seins soient ronds et remontés jusqu’à ma glotte. J’ai pris le temps d’apprécier ma poitrine telle qu’elle est.

Beaucoup de “no bra girls” dénoncent une sorte de “schizophrénie” du soutif : cette façon qu’ont de très nombreuses femmes de ne jamais porter de soutien-gorge chez elles mais de sentir comme une force invisible qui les pousse à en mettre un dès qu’elles sortent dans l’espace public. Pour cause, les remarques désagréables qui pointent le bout de leur nez dès qu’un téton pointe le bout du sien. Du coup, pour beaucoup, difficile de franchir le pas. La solidarité féminine prend alors le relai.

#NoBraChallenge

Depuis quelques années, des stars comme Rihanna ou Jennifer Lawrence s’affichent en “no bra” et de plus en plus d’influenceuses écrivent des articles enjoués sur leur quotidien sans soutien-gorge. Cela a fini par créer un véritable mouvement populaire.

En France, la plateforme de blogging Hellocoton recense une foule d’articles sur le sujet et des groupes Facebook comme la page Sans soutif/No Bra ont vu le jour. Pour oser franchir le pas, on s’y motive à coup de hashtags comme #NoBraChallenge. On s’échange des conseils pour faire une transition douce avec des brassières – le “slow bra” – ou répondre aux goujats pour qui une femme sans soutien-gorge cherche nécessairement à aguicher tous ceux qu’elle croise.

Car, comme l’explique Andréane du blog Chatelaine, pas si facile de passer au “no bra”, surtout en milieu professionnel : “Mon soutien-gorge, c’est une armure, un accessoire qui me permet de ne pas être perçue – même par moi – comme un être sexuel. Il me permet de laisser mon intimité à la maison et de me transformer en professionnelle aguerrie.

Le téton féminin ne serait pas “professionnel”

Pour des raisons aussi obscures qu’informulées, ne pas porter de soutien-gorge est donc perçu par certains comme un manque de professionnalisme. Certaines s’entendent dire que leur allure fait négligée, leur hiérarchie les enjoignant à plus de pudeur. Pour beaucoup de Françaises, passer en mode “no bra”, c’est réaliser brutalement à quel point les femmes sont loin d’être les égales des hommes dans l’espace public.

[franchement, on atteint la connerie explicative là ?? – C’est quoi la prochaine revendication féminine de ne porter aucun dessous et de s’en vanter en public … MC]

Illustration parfaite du problème: l’émoi national causé en décembre 2013 par l’apparition à l’écran… des tétons de la présentatrice du JT de TF1 Anne-Claire Coudray. Ces deux derniers – pointant sous sa robe en simili cuir- l’avaient finalement poussée à s’excuser publiquement d’un “mauvais choix de vêtement”. Un incident qui résume tout le combat de la communauté “no bra” : en quoi une femme aurait-elle l’obligation de s’excuser publiquement parce que son anatomie transparaît sous ses vêtements ?

Passer en mode “no bra”, c’est réaliser brutalement à quel point les femmes sont loin d’être les égales des hommes dans l’espace public.

L’animatrice avait alors déclaré: “Ce n’était pas du tout un coup de com’ […] Je pars du principe que la séduction n’a rien à faire sur un plateau de télévision.” Pour les “no bra”, un discours typique de patriarcat intériorisé : incapable de dissocier poitrine et séduction, notre société moderne érotise le corps des femmes, malgré elles, et les contraint à faire attention à ce qu’elles portent pour convenir au regard des autres, au détriment de leur propre confort.

Comme le résume l’autrice féministe et adepte du “no bra” Mylène Flycka, “il y a toujours un zozo pour me faire remarquer que je n’ai pas mes chaînes publiques, c’est-à-dire un soutif ! […] Porter un soutien-gorge est une obligation muette… Une injonction télépathique de notre société moderne. Une dictature douce mais implacable, où les avertissements sont faits de remarques désagréables et déplacées, et la sanction est faite d’une dévalorisation du sujet.

Personne n’a jamais prouvé l’utilité du soutien-gorge

Des pressions sociales que de nombreuses adeptes du “no bra” dénoncent. Même l’entourage s’y met parfois à coup de “tes seins vont finir en gant de toilette!”. Pourtant, le soutien-gorge moderne tel que nous le connaissons n’existe que depuis la fin du XIXème siècle. Et personne n’a jamais prouvé son utilité, notamment sur la fermeté des seins. Les rares études sur le sujet montrent au contraire que le non-port de soutien-gorge aurait tendance à améliorer leur fermeté.

Certains s’interrogent même sur l’impact néfaste du soutien-gorge sur la santé. Comme l’expliquait en 2013 le professeur Jean-Denis Rouillon, auteur d’une étude très médiatisée sur le sujet, au magazine Elle “[ne pas porter de soutien-gorge c’est] du bon sens biologique. Les Wonderbras et autres push-up compriment les tissus, gênent la circulation sanguine et lymphatique. Se pose alors la question d’un éventuel lien avec le cancer du sein […] hypothèse qui mérite[rait] d’être étudiée”.

Le téton: symbole féministe international?

Dans l’Hexagone, près de 9 femmes sur 10 portent quotidiennement un soutien-gorge mais, dans certains pays comme la Scandinavie, c’est l’inverse : 95 % des femmes n’en portent jamais, principalement par confort. Des mouvements féministes d’ampleur internationale sont même récemment nés au cri de “Free The Nipple” (Ndlr: “Libérez le téton”). Leur questionnement est simple : pourquoi les hommes peuvent-ils se promener torse nu sans que cela ne pose problème et pas les femmes ? Pourquoi les tétons et les seins féminins font-ils l’objet d’un tel tabou ?

Derrière la pratique du “no bra” qu’adoptent de plus en plus de Françaises, on sent donc la volonté de débarrasser la poitrine de la charge érotique que la société fait peser sur elle sans demander son avis à sa propriétaire. Ne pas cacher sa poitrine dans l’espace public, c’est en quelque sorte la remettre à sa juste place : une partie du corps comme une autre. Le sein libre devient un outil du quotidien pour faire changer sans attendre les mentalités.

Après tout, personne ne s’est plaint de la Marianne aux seins nus qui représente fièrement notre patrie, non ?


Sabrina Debusquat  – Lu dans le blog des Inrocks – Source