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« Un usage de la force avec discernement et retenue… » [tels sont les propos tenus par les médias ultra conciliant envers les sanglantes directives du gouvernements extrémistes de NetanyahouMC.]

[Avec] 60 morts, dont 8 enfants, et plus de 2 400 blessés, dont la moitié par balles réelles, pour la seule journée de lundi, il est permis [d’agonir ce gouvernement israélien ordonnant aux medias de « couvrir » l’ignoble évènement par des mots trop soupesés, nuancés et choisis par les différentes diplomaties internationales. ]

[…] En choisissant pile le jour anniversaire de l’« unification » de Jérusalem, lors de la guerre des Six-Jours, en 1967, pour transférer dans la ville trois fois sainte l’ambassade américaine. En persistant alors que ce transfert unilatéral est condamné par les musulmans et le quasi-ensemble de la communauté internationale, qui ne veut pas voir Jérusalem comme la capitale du seul Etat juif, Tramp ne pouvait ignorer, évidemment, que l’affaire se terminerait dans la violence et le sang.

Pour autant, il ne s’est pas privé de persévérer dans son entêtement. Il s’agissait entre autres, mais à tout prix, de soigner son électorat. Pas celui des Juifs américains, qui n’ont pas voté pour lui, mais celui des évangélistes ultras, qui ont une lecture littérale de la Bible et l’ont massivement choisi. Voilà qui valait bien de piétiner le processus de paix israélo-palestinien, déjà si mal en point. […]

Quant à Netanyahou, même s’il ne peut se permettre d’avoir l’air de se sentir menacé par cette « marche du retour » de jeunes Palestiniens armés de lance-pierres, il donne, par la violence de sa réaction, l’impression du contraire. Nul ne lui reproche de vouloir protéger ses frontières. Pas même des pays arabes comme l’Arabie saoudite et l’Egypte, pour lesquels les Palestiniens ne sont plus « la » priorité.

Mais sa façon expéditive et brutale de le faire montre que le mot « modération » n’a jamais trop fait partie de son vocabulaire. Dans un pays dont l’armée est réputée pour sa technicité et son efficacité, ne trouver d’autre moyen pour arrêter des manifestants non armés que de leur tirer dessus et de les tuer est forcément un choix délibéré. Un choix qui n’honore pas celui qui le prend. Un choix moins avisé que ce dernier ne le prétend. Surtout pour un dirigeant déjà empêtré dans des affaires de corruption et des déboires judiciaires.

Certes, entre les gages de Trump […] le leader israélien, malgré le numéro de son nouvel ami américain, reste très isolé sur la scène internationale […] … le leader israélien ne sort pas pour autant grandi de cette « journée historique ».

L’Histoire retiendra surtout que Netanyahou a éloigné une fois de plus toute perspective de paix dans le conflit israélo-palestinien.


Erik Emptaz – Titre original de l’article : « Le choix des maux » – Source (Extrait)  – Le canard enchainé, Mercredi 16 mai 2018


Dessin de Kiro pour « Le Canard Enchainé » 16 mai 2018